L'immense espoir de la communauté noire américaine

— 

A 47 ans, Barack Hussein Obama est devenu le premier président noir de l'histoire des Etats-Unis. Une révolution dans un pays où la grande majorité des citoyens afro-américains sont des descendants des esclaves déportés à partir du XVIe siècle. Officiellement, en effet, l'esclavage ne fut aboli qu'en 1865 et il fallut attendre les années 1960 il y a une cinquantaine d'années pour que les lois et pratiques ségrégationnistes commencent à disparaître. Une histoire de violences et de douleurs incomparable, qui permet de mesurer l'émotion que provoque l'événement au sein de la communauté noire américaine.

Si le 44e président n'est pas à proprement parler un Afro-Américain, au sens où l'entendait Malcolm X dans les années 1960, c'est-à-dire un descendant d'esclave, puisque son père était un étudiant kenyan et sa mère une Américaine blanche du Kansas, il a, en s'investissant comme travailleur social dans les ghettos noirs de Chicago et en épousant Michelle Robinson, qui y a grandi, embrassé la cause des Noirs américains. Elevé par ses grands-parents maternels, il a toutefois toujours pris soin durant la campagne de ne pas privilégier une communauté plutôt qu'une autre, encourageant au contraire l'unité de la nation américaine.

C'est d'ailleurs ce qui a inspiré son discours intitulé « Une union plus parfaite » sur les relations raciales. Prononcé à Philadelphie, le 18 mars dernier, après que les médias eurent relayé les propos violemment anti-blancs de son révérend Jeremiah Wright, ce texte, en réinterrogeant la question du racisme au sein de la société américaine, justifiait l'actualité de son combat pour « une Amérique plus juste, plus égale, plus libres, plus généreuse et plus prospère ». Un défi dans un pays où près d'un quart (24 %) des Noirs vivent toujours sous le seuil de pauvreté, contre 8 % des Blancs.

Armelle Le Goff