Michelle, la belle de Fer

Mathieu Grégoire et Julien Ménielle

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Si Barack Obama est devenu le 44e président des Etats-Unis, c'est, dit-on, parce que Michelle lui en a donné l'autorisation. Et parce qu'elle a accepté de démissionner de son poste à la direction du centre médical de l'université de Chicago pour lui permettre de s'y consacrer. Son mari assure d'ailleurs qu'il la consulte systématiquement avant de prendre toute décision importante. Liza Mundy, journaliste au Washington Post et auteur de Michelle Obama, First Lady (éd. Plon), la situe entre Hillary Clinton et Laura Bush : moins controversée que la première, mais plus active que la seconde.

La gamine du South Side, quartier black et défavorisé de Chicago, devra s'y faire. Elle est désormais scrutée dans les moindres détails : au lendemain de sa première apparition auprès de son président élu de mari, le 4 novembre dernier, la presse n'a parlé que de sa garde-robe. Motif : son élégante toilette rouge et noire, signée Narciso Rodriguez, la « boudinait ».

Apparence et Maison Blanche, la voilà bien loin, à 45 ans, du deux-pièces où elle vivait au sein d'une famille soudée. Jeune fille décidée, elle s'en sort grâce au travail et intègre la prestigieuse université de Princeton. Sur ce campus très blanc, elle se décrit comme « une visiteuse ». Un sentiment qui inspire sa thèse de sociologie, dont le sujet, la division raciale conclut : « La structure sociale et culturelle blanche risque de laisser les Noirs, même ceux éduqués, à la "périphérie de la société" ». La rencontre avec Barack Obama va finalement la mener au coeur de celle-ci. En 1989, avocate dans un cabinet d'affaires de Chicago, Michelle doit s'occuper d'un jeune stagiaire d'été, un certain Barack Obama. Un film de Spike Lee, Do the Right Thing, et quelques baisers plus tard, ils se marient en 1992.

Elle devient son roc, soupèse toutes ses décisions. Avant que le couple ne s'engage dans l'aventure présidentielle, elle pose ses conditions : la promesse que son mari verra ses filles au moins une fois par semaine, et qu'il arrête de fumer.

La sarcastique Michelle a dû polir son image. Pour habituer le peuple américain à la première First Lady noire de son histoire, pas question de passer pour une féministe. Elle doit rassurer. Car comme Hillary Clinton, elle a l'air très ambitieuse, trop pour l'électeur. Alors, elle multiplie les anecdotes sur ses filles Malia, 10 ans, et Sasha, 7 ans, et se présente avant tout comme une « première maman ». Pour elle, pas question d'ambition politique. Pour l'instant.