L'engouement français pourrait ne pas être payé de retour

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Selon un sondage publié dimanche par Le Parisien, 70% des Français jugent l'arrivée de Barack Obama porteuse d'espoir pour l'amélioration de la vie des Américains et la paix dans le monde. Bref, les Français l'adorent.

Mais lui, les voient-ils seulement ? C'est toute la question... A la joie d'assister au départ d'un George W. Bush, succède aujourd'hui l'angoisse de voir siéger dans le Bureau ovale un président aimé, mais indifférent. Il se pourrait bien en effet qu'Obama ne fasse que peu de cas du Vieux Continent. Et, avec lui, de l'Hexagone.

A cela des raisons évidentes : une situation économique désastreuse et des crises à régler en urgence en Irak, en Afghanistan, au Proche-Orient. Mais peut-être aussi un simple manque d'intérêt. Et, de fait, si on se réfère à son livre programme Le Changement. Nous pouvons y croire (Editions Odile Jacob) et à son chapitre consacré aux relations entre l'Amérique et ses alliés, force est de constater que pas une seule fois il n'y est fait mention de l'Union européenne ou de la France.

Pire, des désaccords pourraient rapidement émerger avec le nouvel hôte de la Maison Blanche. En effet, lors du prochain sommet de l'Otan en avril, Obama pourrait demander à ses alliés d'accroître leur contribution en Afghanistan. Or, Paris et les Européens, considèrent que celle-ci est déjà assez élevée.

Autre sujet de discorde potentielle : l'Iran, avec qui Obama se dit prêt à engager des discussions « sans préalable », au grand dam, encore une fois, des Européens. Bref, même si l'arrivée de Barack Obama signifie sans doute la fin de l'unilatéralisme qui a prévalu durant les huit années d'administration Bush, si on n'est d'accord sur rien, les relations risquent tout de même de ne pas être évidentes...

Armelle Le Goff