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Obama reste flou sur sa stratégie dans la région

Le président élu l'a réaffirmé le 11 janvier : le Proche-Orient sera l'une de ses priorités dès son arrivée à la Maison Blanche. Sur ce dossier, « l'équipe que je constituerai s'adressera à toutes les parties prenantes et travaillera à mettre sur pie...

Le président élu l'a réaffirmé le 11 janvier : le Proche-Orient sera l'une de ses priorités dès son arrivée à la Maison Blanche. Sur ce dossier, « l'équipe que je constituerai s'adressera à toutes les parties prenantes et travaillera à mettre sur pied une approche stratégique qui garantisse que les Israéliens et les Palestiniens puissent satisfaire leurs aspirations », a assuré Barack Obama. Reste à savoir comment il compte s'y prendre concrètement. Or, depuis des mois, il reste très vague sur cette question. « Personne ne sait ce qu'il va faire, explique Nicole Bacharan, spécialiste des Etats-Unis et auteur des Noirs américains, Des champs de coton à la Maison Blanche (éd. du Panama). On s'attend à ce qu'il prenne une initiative, mais on ne sait pas laquelle. La communication dans son entourage est verrouillée. » Pourquoi tant de mystère ? « Obama ne veut sans doute pas se lier les mains avant d'être investi, ce qui permettrait aux Israéliens ou aux Palestiniens de réagir dans une situation volatile. » D'autres avancent l'hypothèse qu'Obama lui-même hésite encore sur la marche à suivre. Seule certitude : il compte s'impliquer rapidement, contrairement à George W. Bush. Il envisage surtout de privilégier une approche régionale, le conflit au Proche-Orient étant lié, à ses yeux, à l'Iran, qu'il accuse d'« exporter le terrorisme par le biais du Hamas et du Hezbollah libanais ». Mais, si l'offensive israélienne à Gaza a réaffirmé l'urgence de l'implication américaine, Obama aura déjà fort à faire avec la crise économique, l'Afghanistan et l'Irak. La relance du processus de paix au Proche-Orient pourrait en pâtir. ■ Faustine Vincent