Un calme précaire entre les deux parties

— 

Si le cessez-le-feu tient, la question demeure : quel avenir désormais pour la bande de Gaza, territoire palestinien de quelque 362 km² tombé aux mains du Hamas en juin 2007 lors du coup de force du parti islamiste contre le Fatah du président Mahmoud Abbas ? C'était tout l'enjeu du mini-sommet de Charm el-Cheikh hier. Coprésidé par les présidents égyptien Hosni Moubarak et français Nicolas Sarkozy, il devait examiner les moyens d'aboutir à une trêve durable à Gaza et de commencer sa reconstruction. Seul bémol : jusqu'à présent, ni l'Egypte ni les Européens n'ont montré beaucoup d'efficacité sur ce dossier. Seuls les Etats-Unis, qui ont appelé à un cessez-le-feu jeudi soir, semblent avoir été entendus par l'Etat hébreu.

Et à Washington, on a l'impression que le scénario le plus sérieusement envisagé aujourd'hui serait une reprise de contrôle de Gaza par le président de l'Autorité palestinienne. Une hypothèse que Mah moud Abbas a toujours fermement rejetée. Notamment parce qu'elle le ferait passer pour un traître. Sur le plan militaire, Israël a beau se féliciter d'avoir rétabli sa « capacité de dissuasion », cela veut-il dire pour autant qu'elle en a fini avec les roquettes ? Pas sûr. Yuval Diskin, le chef de la sécurité intérieure israélienne, estimait hier qu'« en dépit des coups sévères portés aux infrastructures du Hamas », certains souterrains servant à la contrebande d'armes existent toujours. En quelques mois, le mouvement pourrait s'être réapprovisionné. En dehors du fait qu'il sort politiquement renforcé après vingt-deux jours de conflit. ■ A. Le G.