Côte d’Ivoire : Emmanuel Macron félicite le président Alassane Ouattara pour sa réélection

DIPLOMATIE L’opposition ivoirienne conteste toujours la réélection d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat, qu’elle juge inconstitutionnel

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron (à droite) et Alassane Ouattara (à gauche) à Abidjan, le 20 décembre 2019.
Emmanuel Macron (à droite) et Alassane Ouattara (à gauche) à Abidjan, le 20 décembre 2019. — Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

« Je tenais à vous féliciter et vous transmettre ainsi qu’au peuple ivoirien tous mes vœux de succès ». C’est avec ces mots que le président français Emmanuel Macron a félicité le président ivoirien Alassane Ouattara. Dans un courrier daté du 11 novembre et dont l’AFP a eu copie ce dimanche, le chef de l’Etat encourage son homologue ivoirien à poursuivre le « dialogue » avec l’opposition.

« Au regard des violences et des tensions qui ont ressurgi à l’occasion de ce scrutin, le dialogue que vous avez initié le 11 avec le président Henri Konan Bédié (principal opposant) est porteur d’espoir », poursuit Emmanuel Macron alors que les violences électorales ont fait au moins 85 morts depuis le mois d’août.

Des conditions préalables au dialogue

« Je souhaite que ce premier pas vers le rassemblement et l’ouverture puisse jeter les bases concrètes d’une réconciliation plus large, plus durable entre tous les Ivoiriens et toutes les sensibilités politiques dans le respect de l’Etat de droit afin de tourner la page de la violence et de la division », souligne M. Macron. La rencontre mercredi entre le président Ouattara et l’ex-président Henri Konan Bédié a fait retomber la tension.

Mais l’ensemble de l’opposition (les deux principaux partis mais aussi des plateformes comprenant le mouvement de l’ex-chef rebelle Guillaume Soro) demande notamment comme préalable à la poursuite du dialogue, la libération de tous les prisonniers « politiques », dont le porte-parole de l’opposition Pascal Affi N’Guessan, la fin des poursuites judiciaires contre tous les leaders de l’opposition ou le retour des exilés.

La crainte d’une escalade

L’opposition conteste la réélection de M. Ouattara pour un troisième mandat, qu’elle juge inconstitutionnel. Elle avait lancé une campagne de « désobéissance civile » puis proclamé un « Conseil national de transition » censé remplacer M. Ouattara.

La justice ivoirienne a lancé des poursuites pour « complot contre la sécurité de l’Etat » contre plusieurs leaders de l’opposition, les accusant d’être responsables de violences meurtrières.

La crainte d’une escalade des violences reste présente en Côte d’Ivoire, dix ans après une crise post-électorale qui avait fait 3.000 morts, ainsi que 300.000 réfugiés et un million de déplacés internes en Côte d’Ivoire, selon l’ONU.