Obama appelle «à une nouvelle ère de responsabilité»

ETATS-UNIS Barack Obama est devenu le 44e président des Etats-Unis mardi...

Philippe Berry

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Accompagné par une énorme ferveur populaire, Barack Obama est devenu mardi le premier président noir des Etats-Unis, saluant la victoire de "l'espoir" sur "la peur" à l'heure où le pays est aux prises avec deux guerres et une redoutable crise économique.
Accompagné par une énorme ferveur populaire, Barack Obama est devenu mardi le premier président noir des Etats-Unis, saluant la victoire de "l'espoir" sur "la peur" à l'heure où le pays est aux prises avec deux guerres et une redoutable crise économique. — Timothy A. Clary AFP
De notre envoyé spécial à Washington

«Moi, Barack Hussein Obama, jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des États-Unis, et de faire de mon mieux pour sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis.»

La main sur la bible de Lincoln et son épouse à ses côtés, Barack Obama est donc devenu le 44e président des Etats-Unis mardi. Une fonction qu’il prend avec «humilité devant la tâche» qui l’attend et plein de «gratitude» envers le peuple américain.

Dans son discours prononcé depuis les marches du Capitole, il a averti ses compatriotes: «Les challenges sont nombreux, et ils sont sérieux». Crise économique, guerres en Irak et en Afghanistan, réchauffement climatique... Ces problèmes, a expliqué le Président, sont «nouveaux, et il faudra des outils nouveaux» pour les régler. Mais, a-t-il martelé, «les valeurs nécessaires pour le faire sont anciennes: générosité, humilité, travail, respect». Evoquant tout au long de son discours les Pères fondateurs, il a appelé le pays à «s’unir dans une nouvelle ère de responsabilité».

Marée humaine

Du Capitole jusqu’à l’obélisque de George Washington, une marée humaine occupait chaque cm² de la pelouse du National Mall. Des quatre coins de l’Amérique, ils sont venus assister à ce jour historique où, rappelle Obama, «un homme dont le père n’aurait peut-être pas été servi dans un restaurant il y a 60 ans accède aujourd’hui à la fonction suprême».

Fort de ses racines, Obama s’est adressé «au monde musulman», appelant à ouvrir «une nouvelle voie basée sur un intérêt commun et un respect mutuel». Mais il a averti: «les leaders qui sèment le conflit et blâment l’Occident seront jugés par leur peuple pour ce qu’ils construisent et pas par ce qu’ils détruisent». Les Etats-Unis «leur tendront la main» à conditions que leurs adversaires «accepter de desserrer le poing».

Une page se tourne

Alors que la foule attendait Obama dans le froid –mais sous un soleil radieux– les personnalités politiques ont pu mesurer leur popularité à l’applaudimètre. «Teddy, Teddy», a scandé l’assemblée, alors que le «Lion du Sénat», Ted Kennedy, qui a fait un malaise ensuite, apparaissait sous son chapeau. Standing ovation pour le vice-président Joe Biden (qui a prêté serment avant Obama) et Al Gore.

Quelques huées ont en revanche accompagné l’arrivée de George Bush ou de Dick Cheney. Elles se sont vite tues. Comme un symbole, Bill et Hillary Clinton ont donné l’accolade à George Bush père et à sa femme. A elles deux, ces dynasties ont dirigé le pays au cours des 20 dernières années. Une page s’est tournée ce mardi. A Obama d’écrire la sienne.