Le premier ministre et le ministre du Commerce chinois signent le nouvel accord commercial.
Le premier ministre et le ministre du Commerce chinois signent le nouvel accord commercial. — HANDOUT / VIETNAM HOST BROADCASTER / AFP

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Commerce : La Chine et quatorze pays de l’Asie-Pacifique signent un accord de libre-échange XXL

Ce nouvel accord, avec des pays qui représentent ensemble un tiers du PIB mondial, renforce la position de la Chine

Quinze pays d’Asie et du Pacifique ont signé dimanche un important accord commercial, promu par la Chine, à l’occasion de la clôture d’un sommet virtuel de l’Asean qui avait débuté jeudi. Ce Partenariat régional économique global (RCEP) devient l’accord commercial le plus important du monde en termes de Produit intérieur brut, selon des analystes, et concernera plus de 2 milliards d’habitants. Il vise à créer une gigantesque zone de libre-échange entre les dix états de l’Asean (Indonésie, Thaïlande, Singapour, Malaisie, Philippines, Vietnam, Birmanie, Cambodge, Laos et Brunei), la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

« Je suis heureux qu’après huit années de négociations complexes, nous puissions terminer officiellement aujourd’hui les négociations du RCEP », a déclaré le Premier ministre vietnamien Nguyen Xuan Phuc, dont le pays assure la présidence tournante de l’Asean. Ce pacte, dont l’idée remonte à 2012, est considéré comme la réponse chinoise à une initiative américaine aujourd’hui abandonnée. Il « consolide les ambitions géopolitiques régionales plus larges de la Chine autour des » nouvelles routes de la soie », analyse Alexander Capri, professeur à la Business school de l’Université nationale de Singapour.

« Cela montre clairement que le multilatéralisme est la bonne voie »

« Dans les circonstances mondiales actuelles, le fait que le RCEP ait été signé après huit ans de négociations apporte un rayon de lumière et d’espoir au milieu des nuages », a déclaré le Premier ministre chinois Li Keqiang après la signature virtuelle. « Cela montre clairement que le multilatéralisme est la bonne voie et représente la bonne direction de l’économie mondiale et du progrès de l’humanité », a-t-il ajouté. Le RCEP, dont les membres représentent 30 % du PIB mondial, sera « une étape majeure pour la libéralisation du commerce et de l’investissement » dans la région, a estimé Rajiv Biswas, économiste en chef pour l’Asie et le Pacifique du consultant IHS Markit.

La signature de cet accord intervient dans un contexte de forte crise économique en raison de l’épidémie de Covid-19 pour les dix membres de l’Association des nations du sud-est asiatique (Asean). Beaucoup de signataires luttent encore contre le coronavirus et espèrent que le RCEP les aidera à atténuer le coût de la pandémie, qui a donné un énorme coup de frein à leurs économies. « Le Covid a rappelé à la région pourquoi le commerce est important et les gouvernements sont plus désireux que jamais d’avoir une croissance économique positive », a déclaré Deborah Elms, directrice exécutive de l’Asian Trade Center, une société de conseil basée à Singapour.

Ce pacte commercial est également largement considéré comme le moyen pour la Chine d’étendre son influence dans la région et d’en déterminer les règles, après des années de passivité de la part des Etats-Unis pendant la présidence de Donald Trump. En janvier 2017, ce dernier avait retiré son pays du grand projet concurrent, le Traité de libre-échange transpacifique (TPP), promu par son prédécesseur démocrate Barack Obama. Le président élu Joe Biden pourrait néanmoins se montrer plus engagé dans la région, à l’image de Barack Obama, juge Alexander Capri.

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