Barack Obama: «L'espoir plutôt que la peur»

ETATS-UNIS C'est devant plus de deux millions de personnes, massées devant le Capitole, que le nouveau Président a réaffirmé la place des Etats-Unis au coeur du monde...

Maud Descamps avec agence

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En devenant mardi le vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, 66 ans, spécialiste des questions internationales, va devoir trouver sa place à la Maison Blanche où il veut imprimer sa marque sans jouer le rôle d'éminence grise prêté à son prédécesseur Dick Cheney.
En devenant mardi le vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, 66 ans, spécialiste des questions internationales, va devoir trouver sa place à la Maison Blanche où il veut imprimer sa marque sans jouer le rôle d'éminence grise prêté à son prédécesseur Dick Cheney. — Alex Wong AFP/Getty Images

«A tous les peuples et les gouvernants qui nous regardent aujourd'hui, depuis les plus grandes capitales jusqu'au petit village où mon père est né (au Kenya, ndlr): sachez que l'Amérique est l'amie de chaque pays et de chaque homme, femme et enfant qui recherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à diriger à nouveau», a-t-il déclaré devant la foule rassemblée qui comptait plus de deux millions de personnes. Il faisait allusion aux huit années de gouvernement Bush ayant mis à mal l'image des Etats-Unis dans le monde.

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Le renouveau des idéaux sur fond de crise économique

Barack Obama a promis de ne pas abandonner les idéaux des pères fondateurs «par opportunisme» politique, et a refusé de faire «le choix entre la sécurité et nos idéaux». Il a également affirmé que ses concitoyens avaient choisi «l'espoir plutôt que la peur» en l'élisant président. «En ce jour, nous venons proclamer la fin des réclamations mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes éculés, qui ont trop longtemps étouffé notre politique», a-t-il ajouté.

Mais ce sont les préoccupations économiques qui étaient au coeur de son discours. L'économie américaine est «gravement affaiblie», a souligné Barack Obama en dénonçant «la cupidité et l'irresponsabilité de certains, mais aussi de notre incapacité collective à faire les choix nécessaires pour préparer notre pays à une nouvelle ère». Le nouveau chef d'Etat a salué le rôle de l'économie de marché, estimant que «sa capacité de créer des richesses et à répandre la liberté est sans rivale». «Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut s'emballer hors de tout contrôle et qu'un pays ne peut prospérer longtemps en ne favorisant que les plus prospères», a-t-il averti. La gestion de la crise économique est le plus important dossier sur lequel Barack Obama et son administration ont déjà commencé à travailler.

L'égalité entre les peuples

Le Président a également réaffirmé la place de la diplomatie américaine dans le monde. Il a proposé au monde musulman «une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels». Mais s'adressant aux «dirigeants du monde qui cherchent à semer le conflit ou à accuser l'Occident des problèmes de leur société», il a déclaré: «sachez que votre peuple vous jugera sur ce que vous serez capable de bâtir, pas de détruire». Il a ensuite promis que les Etats-unis allaient «commencer à quitter l'Irak de façon responsable (…) et forger une paix durement gagnée en Afghanistan». Bien que le retrait total des troupes ne soit pas prévu avant 2011.

Barack Obama a salué les progrès réalisés vers l'égalité entre les races aux Etats-Unis. «L'esprit qui doit nous guider, a-t-il déclaré, c'est le fondement de notre liberté et de notre credo, la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes races et de toutes religions peuvent se rassembler sur ce magnifique Mall», l'immense parc du centre de Washington où la foule était massée.

«Et c'est la raison pour laquelle un homme dont le père il y a moins de 60 ans n'aurait peut-être pas été servi dans un restaurant de la ville, peut aujourd'hui se présenter devant vous pour prêter le serment le plus sacré», a ajouté le nouveau président, né d'un père kenyan et d'une mère américaine blanche du Kansas.

La lutte contre le réchauffement climatique

Enfin, Barack Obama est revenu sur l'un de ses principaux thèmes de campagne: l'environnement. Les Etats-Unis travailleront sans relâche pour faire reculer le spectre du réchauffement de la planète. «Avec nos vieux amis et nos anciens ennemis nous oeuvrerons sans relâche pour diminuer la menace nucléaire et faire reculer le spectre du réchauffement de la planète», a-t-il martelé. «Nous redonnerons à la science sa juste place et mettrons à profit les merveilles de la technologie pour élever la qualité des soins médicaux et en abaisser les coûts», a-t-il aussi promis.

«Notre système de soins est trop onéreux, nos écoles conduisent un trop grand nombre à l'échec et tous les jours apportent de nouvelles preuves que la manière dont nous utilisons l'énergie renforce nos adversaires et menace la planète», a poursuivi le président Obama. «Nous pouvons faire tout cela et nous le ferons», a-t-il insisté. Yes, we can…