Libye : Deux naufrages font près de 100 morts en Méditerranée

IMMIGRATION Les victimes tentaient de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, à seulement 300 km de là

20 Minutes avec AFP

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Des membres de l'ONG Open Arms viennent de retrouver le corps d'une des 100 victimes noyées en mer Méditerranée, le 11 novembre 2020.
Des membres de l'ONG Open Arms viennent de retrouver le corps d'une des 100 victimes noyées en mer Méditerranée, le 11 novembre 2020. — Sergi Camara/AP/SIPA

C’est un nouveau drame de l'immigration clandestine. Près de 100 personnes, en majorité des migrants africains, sont mortes noyées en 24 heures dans deux naufrages au large de la Libye.

Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) dans la ville de Sorman ont « assisté trois femmes, seules survivantes d’un naufrage dans lequel 20 personnes se sont noyées » jeudi, a rapporté l’ONG sur son compte Twitter vendredi avant l’aube. « Secourues par les pêcheurs locaux, elles étaient sous le choc et terrifiées, elles ont vu des êtres chers disparaître sous les vagues, mourir sous leurs yeux », selon MSF.

47 survivants transférés dans un centre pour migrants

Peu avant, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait état d’au moins 74 morts dans un naufrage au large de Khoms, à quelque 180 km à l’est de Sorman. En tout, 47 survivants ayant entrepris cette périlleuse traversée de la Méditerranée pour rejoindre les côtes italiennes et l’Europe ont été amenés à terre par les gardes-côtes libyens et des pêcheurs.

« Sept femmes figurent parmi les survivants », a dit vendredi à l’AFP Mokhtar Salem Mohamed, un responsable au ministère libyen de l’Intérieur en charge des questions migratoires, rencontré dans un centre pour migrants à Khoms. Les victimes ont été transférées dans ce centre, en attendant de « finaliser les procédures d’enterrement », selon lui.

Jeudi, les corps sans vie repêchés ou rejetés par les eaux ont été alignés sur le rivage, certains portant encore des gilets de sauvetage. Les survivants se sont, eux, blottis sous des couvertures, le regard trahissant épuisement et inquiétude. Les travailleurs humanitaires ont distribué eau et colis alimentaires.

La Libye, un passage « obligé »

Après les deux naufrages, l’OIM a appelé à « rétablir le sauvetage en mer » et à « mettre fin à la détention des réfugiés et migrants en Libye ». Depuis le début de l’année, plus de 11.000 personnes ont été renvoyées vers la Libye, « au risque de les exposer à des violations des droits de l’Homme, à la détention, aux abus, au trafic (humain) et à l’exploitation », a accusé l’OIM.

Malgré une insécurité persistante, la Libye reste une route majeure pour des milliers de migrants, en grande partie africains, ayant fui le désespoir, la pauvreté et la corruption pour tenter de rejoindre l’Europe, souvent au prix d’une odyssée longue et aléatoire.

Régler le conflit pour « prévenir ces tragédies »

Passeurs et trafiquants profitent du chaos dans ce pays méditerranéen situé à quelque 300 kilomètres des côtes italiennes. Au moment où se multiplient les médiations pour sortir de l’impasse ce pays de quelque 7 millions d’habitants, un règlement du conflit apparaît essentiel pour prévenir les tragédies migratoires.

C’est « une autre tragédie horrible des migrants, un autre rappel de la nécessité d’un règlement du conflit maintenant, afin de se concentrer sur la prévention de tragédies comme celle-ci », a réagi l’ambassade des Etats-Unis en Libye, relocalisée à Tunis comme la majorité des chancelleries dans ce pays. « Nous devons travailler ensemble pour empêcher que ces événements horribles ne se reproduisent », a commenté l’ambassadeur européen pour la Libye, Jose Sabadell.