Le gaz russe circule à nouveau vers l'Europe

RUSSIE L'Europe attend quelques jours avant de se réjouir...

J.M. avec agence

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La Russie et l'Ukraine ont conclu dimanche à l'issue d'un véritable marathon diplomatique un accord en vue de rétablir, "sous peu" promet Moscou, l'intégralité de l'approvisionnement en gaz russe de l'Europe via le territoire ukrainien, mais bien des zones d'ombre demeurent.
La Russie et l'Ukraine ont conclu dimanche à l'issue d'un véritable marathon diplomatique un accord en vue de rétablir, "sous peu" promet Moscou, l'intégralité de l'approvisionnement en gaz russe de l'Europe via le territoire ukrainien, mais bien des zones d'ombre demeurent. — Alexander Prokopenko AFP
Cette fois, ça y est. Les livraisons de gaz russe à l'Europe via l'Ukraine ont repris ce mardi matin. Le géant gazier russe Gazprom l'a annoncé officiellement, après avoir avoir promis dans la nuit la réouverture des robinet. La présidence tchèque de l'UE a confirmé l'information mais a prévenu qu'elle ne se satisferait pleinement de la reprise annoncée qu'«après trois ou quatre jours de livraisons» régulières.

Encore un accord

Après les négociations de lundi entre le Premier ministre russe Valdimir Poutine et son homologue ukrainienne Ioulia Timochenko, un accord a été trouvé sur les tarifs et un contrat de livraisons de 10 ans a été signé entre les compagnies énergétiques des deux pays.

Aussitôt après la signature, Ioulia Timochenko avait indiqué s'attendre à la reprise des fournitures russes vers l'Europe «dans les prochaines heures» et avait promis que la reprise du transit ne souffrirait d'«aucun retard». Prudente après les divers rebondissements et déconvenues des derniers jours, la Commission européenne avait alors exigé de connaître l'heure précise du début des livraisons à l'Europe.

>> La carte des conséquences de la crise du gaz pays par pays.

Selon les pays, une fois les vannes rouvertes, 24 à 72 heures seront nécessaires pour voir à nouveau arriver le gaz russe, qui représente un quart de la consommation gazière de l'UE et dont 80% sont transportés via le territoire ukrainien.

Le prix du gaz russe pour l'Ukraine devrait désormais être calculé en fonction d'une «formule» européenne. Le tarif sera de 230 dollars (162 euros) pour 1.000 m3 sur l'ensemble de l'année, avec des variations selon les trimestres. Pour 2010, les prix devraient être inférieurs de 10% à ceux appliqués autres pays européens.

L'Ukraine anéantie

Le présidence ukrainienne est «anéantie» par l'accord gazier conclu avec la Russie mais ne bloquera pas le contrat, a déclaré mardi un haut responsable de l'administration présidentielle. «Je suis déçu et anéanti», a déclaré ce responsable, Alexandre Chlapak, à la presse à Kiev. «Nous sommes parvenus à un accord qui, selon mes premières estimations, est pire que ce qui était proposé» avant le Nouvel an.

Comme on lui demandait si le président Viktor Iouchtchenko chercherait à bloquer ou faire appel de cet accord, Alexandre Chlapak a répondu: «le président n'a pas de moyen légal de s'opposer à ces décisions». Il a précisé qu'il était particulièrement déçu que l'accord ne lie pas le prix du gaz aux commissions que la Russie paie à l'Ukraine pour convoyer le gaz à l'Europe à travers son territoire.

Du gaz technique pour maintenir la pression

Enfin, selon Ioulia Timochenko, l'Ukraine a acquis auprès de la Russie, à un prix de 167 dollars (118 euros) pour 1000 m3, 11 milliards de m3 de gaz technique nécessaire pour maintenir la pression dans les tuyaux et qui constituait une des pommes de discorde entre Kiev et Moscou.

Moscou avait coupé l'approvisionnement de l'Ukraine le 1er janvier en raison d'un conflit sur le prix du gaz et sur des arriérés de paiement. La Russie avait interrompu le 7 janvier toutes ses livraisons de gaz vers l'Europe via l'Ukraine, qu'elle accusait de «voler» du gaz.