Pont effondré à Gênes : Arrestation de l’ex-patron des autoroutes Autostrade per l’Italia

ENQUETE Dans le cadre de cette enquête annexe, plusieurs personnes ont été assignées à résidence

20 Minutes avec AFP

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A Gênes, le pont s'est effondré en août 2018.
A Gênes, le pont s'est effondré en août 2018. — MARCO BERTORELLO / AFP

La police financière italienne a annoncé ce mercredi avoir pris plusieurs mesures, dont des assignations à résidence, contre d’anciens et actuels responsables d’Autostrade per l’Italia (Aspi), une filiale d’Atlantia (famille Benetton), dans le cadre d’une enquête annexe sur le pont de Gênes qui s’était effondré en 2018. Selon les agences italiennes, l’ancien PDG d’Autostrade (qui gère les autoroutes italiennes) Giovanni Castellucci, qui a aussi été patron d’Atlantia, fait partie des responsables assignés à résidence.

Dans un communiqué, la police financière a indiqué que trois responsables étaient assignés à résidence et trois autres placés sous « mesures d’interdiction », sans plus de détails : ils sont soupçonnés d’avoir commis des manquements concernant la sécurité des transports et fraudé dans les approvisionnements publics. Selon la police, ces responsables sont suspectés d’avoir été au courant de défauts de sécurité des barrières antiphoniques du pont et de leur danger potentiel, mais de n’avoir pas procédé aux travaux de remplacement. Le risque était notamment élevé en cas de vent fort.

Cette annonce a provoqué une chute du cours d’Atlantia à la Bourse de Milan. Vers 15 heures, il cédait 2,42 % à 15,1 euros, après avoir perdu un temps près de 5 %.

La résine mise en cause

D’après les agences italiennes citant l’ordonnance ayant conduit aux assignations à résidence, la résine utilisée pour les barrières n’avait pas l’homologation CE.

Un technicien intercepté au téléphone a dit, selon la même source, que les barrières sont collées « avec du Vinavil », une colle simple utilisée dans les foyers italiens, et ce afin d’économiser un maximum d’argent. 140 millions d’euros auraient été nécessaires pour faire les travaux correctement. Giovanni Castellucci « était parfaitement au courant de la problématique des barrières et constamment informé pour leur gestion, qu’il a complètement avalisée », assure l’ordonnance.

Cette enquête annexe a été lancée il y a un an, parallèlement à l’enquête principale liée à l’effondrement du pont de Gênes, qui a fait 43 morts en août 2018. « Aspi s’est transformé, au fil des années, en distributeur automatique d’argent (pour ses propriétaires, ndlr) au détriment de la sécurité des citoyens », ont dénoncé des élus du Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système), membres de la commission Transports. « Il ressort de cette enquête et des écoutes la légèreté dramatique avec laquelle les dirigeants, tout en connaissant la dangerosité des matériaux pour les automobilistes, ont géré et effectué l’entretien des autoroutes de leur compétence », ont conclu les élus.