Gaza: La réconciliation en marche?

MD avec agence

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Dimanche, les chars israéliens se sont redéployés aux frontières, côté palestinien, afin de faire face à d'éventuelles attaques palestiniennes.
Dimanche, les chars israéliens se sont redéployés aux frontières, côté palestinien, afin de faire face à d'éventuelles attaques palestiniennes. — Jack Guez AFP

Une sortie de crise commence à prendre forme au Proche-Orient. Mais pour combien de temps? Au premier jour d'un sommet au Koweït, les dirigeants arabes, divisés sur le conflit de Gaza, ont montré des signes de réconciliation. Un appel à un gouvernement palestinien d'«entente nationale» qui se chargerait d'organiser des élections générales en Cisjordanie et Gaza a été lancé.

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Le Hamas s'est efforcé, quant à lui, d'afficher son autorité au lendemain de l'arrêt de l'offensive. L'organisation, dont le Premier ministre Ismaïl Haniyeh a proclamé dimanche une «victoire historique» contre Israël, a minimisé les pertes subies lors de l'offensive, se disant toujours en mesure de tirer des roquettes sur l'Etat hébreu.

Le secrétaire général de l'Onu à Gaza

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon prévoit d'effectuer mardi une visite dans le territoire palestinien où plusieurs bâtiments des Nations unies ont été endommagés dans les raids israéliens. Cette visite sera inédite à Gaza pour un dignitaire étranger depuis la violente prise de pouvoir par les islamistes du Hamas en juin 2007.

Au Koweït, le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le président égyptien Hosni Moubarak ont rencontré, pendant près d'une heure et demie, le président syrien Bachar al-Assad et l'émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, en présence des chefs d'Etat du Koweït, de Jordanie et de Bahreïn. Le souverain saoudien et le président égyptien sont les chefs de file des pays arabes modérés hostiles au mouvement islamiste palestinien Hamas, soutenu au sein de la Ligue arabe par le président syrien et l'émir qatari.

Bachar al-Assad veut un soutien «clair et sans équivoque à la résistance palestinienne»

Le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, cité par la télévision Al-Jazira, a parlé d'«une réconciliation» entre les quatre hommes. «La réconciliation arabe (...) ouvre la voie à une réconciliation interpalestinienne», a déclaré Nabil Amr, conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas. «Désormais, il faut un gouvernement d'entente nationale qui prendra à sa charge d'organiser des élections législatives et présidentielle» en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a déclaré Mahmoud Abbas à l'adresse du Hamas, lors du sommet.

Le président syrien Bachar al-Assad, l'un des plus fervents défenseurs du Hamas, a en revanche sommé les pays arabes d'apporter «un soutien clair et sans équivoque à la résistance palestinienne» et de «rejeter ce qui remettrait en cause sa légitimité ou l'affaiblirait». Il a également proposé de qualifier Israël d'«entité terroriste».

La France disponible pour consolider le cessez-le-feu

La France a confirmé lundi sa «disponibilité» et celle de l'Union européenne pour aider à la consolidation du cessez-le-feu entre l'armée israélienne et le Hamas dans la bande de Gaza. «Nous sommes ainsi disponibles pour apporter notre concours, selon différentes formes, pour lutter contre la contrebande d'armes, en coopération avec les parties, et favoriser la réouverture des points de passage», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier, sans donner de détails sur les modalités de cette assistance.

De leur côté, les associations d'aide humanitaire ont dénoncé la situation. La bande de Gaza est exposée à «l'apparition de maladies» infectieuses, a averti lundi la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan. «En ce moment, nous constatons avec tristesse que les conditions sont idéales pour l'apparition de maladies», a-t-elle déclaré, en ouvrant à Genève, la réunion annuelle du Conseil exécutif de l'OMS. L'organisation Amnesty International a pour sa part accusé Israël de crime de guerre en faisant référence à l'utilisation «claire et indéniable» de bombes au phosphore blanc.