Gaz: (Encore) un accord entre Kiev et Moscou

ENERGIE Le conflit gazier va-t-il enfin se terminer entre la Russie et l'Ukraine qui s'opposent depuis le 1er janvier? Malgré l'annonce de la prochaine reprise des livraisons, l'UE reste sceptique...

MD avec agence

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La Russie et l'Ukraine ont conclu dimanche à l'issue d'un véritable marathon diplomatique un accord en vue de rétablir - "sous peu" promet Moscou - l'intégralité de l'approvisionnement en gaz russe de l'Europe via le territoire ukrainien, mais bien des zones d'ombre demeurent.
La Russie et l'Ukraine ont conclu dimanche à l'issue d'un véritable marathon diplomatique un accord en vue de rétablir - "sous peu" promet Moscou - l'intégralité de l'approvisionnement en gaz russe de l'Europe via le territoire ukrainien, mais bien des zones d'ombre demeurent. — Alexander Prokopenko AFP
Ca a comme un air de déjà vu… Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a annoncé lundi à Moscou que les livraisons de gaz russe, via l'Ukraine, à l'Europe reprendraient «prochainement». Les compagnies d'Etat russe et ukrainienne, Gazprom et Naftogaz, ont signé, lundi à Moscou, un contrat sur les livraisons sur 10 ans. Et le groupe russe Gazprom a reçu l'ordre de relancer les livraisons de gaz vers l'Europe via l'Ukraine. De son côté, le Premier ministre ukrainien, Ioulia Timotchenko, a assuré qu'«aucun retard» dans la reprise du transit n'aurait lieu.

L'Europe lassée des rebondissements dans la guerre du gaz

Mais depuis le début de la crise qui a abouti le 1er janvier à l'interruption des livraisons de gaz de la Russie vers l'Europe via l'Ukraine, la reprise des livraisons a déjà été annoncée plusieurs fois sans succès. L'Union européenne ne se montre guère optimiste: «Il y a eu trop d'accords rompus et de promesses non tenues», a déploré la présidence tchèque de l'UE. De fait, un compromis prévoyant le déploiement d'observateurs, arraché il y a un peu plus d'une semaine par l'UE, avait vite tourné court. Les Européens sont excédés par les innombrables rebondissements de la «guerre du gaz», l'UE étant totalement privée de livraisons gazières russes en provenance de l'Ukraine depuis le 7 janvier.

>> La carte des conséquences de la crise du gaz pays par pays.

Si un accord a bel et bien été signé, sa mise en vigueur suscite tout de même des interrogations. Les analystes se demandaient toujours quand et comment le compromis si difficilement trouvé entrerait en vigueur, tandis que de nombreuses autres interrogations portaient sur ses aspects financiers ou l'accueil qui lui sera réservé à Kiev, en proie à une instabilité politique chronique.

L'accord prévoit que la Russie vendra à l'avenir son gaz à l'Ukraine à un tarif «fondé sur la formule européenne», mais avec un rabais de 20% pour l'année 2009 «à condition que les prix du transit restent au niveau fixé pour 2008», a expliqué Vladimir Poutine. «A partir du 1er janvier 2010, l'Ukraine et la Russie passeront à des prix européens pour le gaz et le transit», a-t-il poursuivi.

Le prix moyen du gaz russe pour l'Ukraine en 2009 sera «proche» de 230-250 dollars pour 1.000 m3, a déclaré lundi à Moscou le Premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko, après ses négociations avec son homologue russe Vladimir Poutine. Ioulia Timotchenko, à qui des journalistes demandaient si le prix se trouverait dans une fourchette de 230 dollars à 250 dollars, a répondu: «c'est proche de ce que vous avez mentionné».
 

Une source dans les milieux gouvernementaux ukrainiens a pour sa part indiqué à l'agence Interfax que le prix moyen sur l'ensemble de l'année se chiffrerait à 235 dollars. Le prix pour l'Ukraine sera établi en fonction d'une «formule» utilisée pour les pays européens et qui tient compte du prix du pétrole, a expliqué Ioulia Timochenko, en s'engageant à annoncer un chiffre précis «d'ici deux à trois jours».