Un air de renouveau souffle sur Washington

REPORTAGE La ville se prépare à fêter Barack Obama...

Philippe Berry

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Un fan de Barack Obama arrive à Washington le 19 janvier 2009, pour participer à l'investiture du 44e président des Etats-Unis.
Un fan de Barack Obama arrive à Washington le 19 janvier 2009, pour participer à l'investiture du 44e président des Etats-Unis. — M. RALSTON / AFP
De notre envoyé spécial à Washington D.C.

Un nouveau départ. Le froid mord peut-être les oreilles ce dimanche soir, mais Washington a le cœur qui se réchauffe. Les portes du métro se referment. Un homme se glisse de justesse dans la rame et se confond en excuses pour avoir bousculé une jeune fille. «Ne soyez pas désolé, lui répond-elle. C’est une période de fête. On devrait se rentrer dedans, parler à ses voisins».

Sur le quai de la ligne Rouge, un étudiant grelotte dans son petit blouson, un gros sac à dos sur les épaules. «Vous n’êtes pas d’ici, vous», plaisante sa voisine. «Non, j’arrive de San Diégo, il faisait 30°, ça fait un choc. Mais je n’aurai raté ce moment pour rien au monde.»

Obama sur les tickets de métro

Comme Ryan, ils sont plusieurs millions à affluer de tout le pays pour le sacre d’Obama. Impossible d’y échapper. Sur les tickets de métro, dans les kiosques, Obama est partout. Un message défile en boucle sur un écran: «attention, pour l’investiture mardi, cette station de métro sera fermée pour des raisons de sécurité, merci de votre compréhension». «C’est pas grave, on marchera», jure Kate, venue de Chicago «voir une amie mais surtout Obama».

A l’intérieur d’un fast food, un jeune met la dernière touche à son drapeau «Cuba / Obama». Ses parents ont émigrés avant sa naissance, et il espère bien voir le futur président changer la politique américaine à l’égard de l’île.

Si tous ces gens sont plein d’espoir, ils ne se voilent pas la face. «Le chemin sera long et difficile. Obama n’a pas de baguette magique», soupire Ed, qui a travaillé plus de 30 ans au gouvernement, auprès des Nations unies. «Mais vous voyez cette cloche savoyarde que des amis suisses nous ont offert pour notre mariage? On carillonne avec chaque soir d’élection, quand un démocrate l’emporte. Elle était restée silencieuse trop longtemps.»