Le bilan peu brillant de George W. Bush

MAISON BLANCHE Les Etats-Unis et le monde s'apprêtent à tourner la page de huit années de «bushisme».

Aurélien Mathé

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George W. Bush a admis des erreurs lundi lors d'une dernière conférence de presse, mais a défendu ardemment son action quand il s'est agi des aspects les plus susceptibles de définir l'image qu'il laisserait dans l'Histoire, comme l'Irak, l'économie ou Katrina.
George W. Bush a admis des erreurs lundi lors d'une dernière conférence de presse, mais a défendu ardemment son action quand il s'est agi des aspects les plus susceptibles de définir l'image qu'il laisserait dans l'Histoire, comme l'Irak, l'économie ou Katrina. — Saul Loeb AFP
Mars 2001, le protocole de Kyoto
Le 13 mars 2001, George W. Bush refuse de ratifier le protocole de Kyoto, pourtant approuvé par l'administration Clinton, qui prévoit de réduire les gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique. Bush a depuis réaffirmé son opposition à l'accord, «une mauvaise politique» selon lui. Il prône des objectifs individuels, librement fixés par chaque pays. Ainsi, il se targue d'avoir réduit les gaz à effet de serre de 12% aux Etats-Unis. Le prix Nobel de la paix remporté par Al-Gore, devenu défenseur acharné de l’environnement, ont cependant provoqué une prise de conscience dans le pays et même au-delà.


11 Septembre 2001, les attentats du WTC
Quatre avions sont détournés par des kamikazes d'Al-Qaida afin de frapper le World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington. Plus de 3.000 personnes trouvent la mort dans ces attentats, l'Amérique est sous le choc et le monde avec elle. Rapidement, les soupçons se portent sur Oussama ben Laden, réfugié en Afghanistan. Obsédé par la sécurité, le Congrès adopte le 26 octobre 2001, le «Patriot act», qui vient renforcer le pouvoir des autorités et limite les libertés individuelles en autorisant la surveillance des communications par téléphone et sur internet.  


7 octobre 2001, l'offensive en Afghanistan
L'armée américaine et les forces de l'OTAN lancent l'opération «Enduring freedom». L'offensive vise à renverser le régime des talibans, au pouvoir depuis 2001 et accusés de soutenir Oussama ben Laden. Mais, sept ans plus tard, le chef d'Al-Qaida n'a toujours pas été capturé et les insurgés afghans mènent la vie dure aux forces de la coalition internationale. Plus de 70.000 soldats étrangers se trouvent actuellement sur le sol afghan, et des pays comme les Etats-Unis ou la France y ont envoyé en 2008 de nouveaux renforts.


Janvier 2002, ouverture de Guantanamo
En décembre 2001, George W. Bush autorise la détention sans limite et sans chef d'accusation des «combattants illégaux», formule qui désigne ceux qui auraient combattu avec les talibans ou Al-Qaida. C'est sur la base militaire de Guantanamo Bay, enclave américaine à Cuba, que les premiers prisonniers sont transférés à partir de janvier 2002. Ils ne bénéficient pas de la protection de la convention de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre. Certains, libérés depuis, parlent de tortures évoquant des coups, des privations sensorielles, ou bien encore des simulacres d’exécutions.


19 mars 2003, la guerre en Irak
Aux lendemains des attentats du 11-Septembre, l'Irak, avec l'Iran et la Corée du nord, est accusé de soutenir le terrorisme et de chercher à acquérir des armes de destruction massive. Rapidement, le pays, qui vit sous la férule du dictateur Saddam Hussein, est considéré comme un danger majeur pour les Etats-Unis, qui décident d'y mener une guerre «préventive». La victoire militaire n’est qu’une formalité, et Saddam Hussein est arrêté puis exécuté. Mais le pays sombre dans le chaos et les affrontements confessionnels ensanglantent le pays. Même si aujourd'hui, un calme précaire semble être revenu, cette offensive, déclenchée sans mandat des Nations unies, est un désastre.


29 Août 2005, le cyclone Katrina
Le passage du cyclone Katrina -suivie de Rita- dans le sud du pays provoque des dégâts considérables: près de 1.500 morts, 77.000 logements endommagés. Les autorités fédérales et l'administration sont rapidement mis en cause pour leur incurie. Une commission d’enquête de la Chambre des représentants mettra d’ailleurs en cause la Maison Blanche aussi bien que les autorités locales, dénonçant leur passivité. Aujourd’hui, moins d’un logement sur trois a reçu les fonds nécessaires à sa reconstruction, et près de la moitié de la population, soit 240.000 personnes environ, ne sont pas retournées chez elles.


Septembre 2008, crise économique
La fin du mandat de George W. Bush aura été marquée par la crise des subprimes, qui a entraîné les Etats-Unis puis le monde vers une récession économique généralisée. Beaucoup d'économistes estiment que Bush a aggravé la situation, en obéissant absolument, huit ans durant, aux principes libéraux du Parti républicain.