Chaque camp crie victoire après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza

PROCHE-ORIENT Le dirigeant du Hamas à Gaza Ismaïl Haniyeh a parlé de «victoire populaire» tandis qu’Israël a affirmé avoir «atteint ses objectifs»…

C. F. (avec agence)

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Des sources militaires israéliennes ont affirmé qu'aucun incident n'avait été signalé dans la nuit et que les forces poursuivaient leur repli du territoire palestinien contrôlé par le Hamas.
Des sources militaires israéliennes ont affirmé qu'aucun incident n'avait été signalé dans la nuit et que les forces poursuivaient leur repli du territoire palestinien contrôlé par le Hamas. — Jack Guez AFP

Les armes se sont à peine tues que l’heure est déjà au bilan à Gaza. Sans surprise, chaque camp crie victoire, même si le nombre de victimes est incomparable, avec 1.300 morts du côté palestinien et dix morts du côté israélien («80» selon la branche armée du Hamas).

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Malgré tout, le dirigeant du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a immédiatement parlé de «victoire populaire». Le mouvement islamiste minimise ses pertes, affirmant n’avoir perdu que 48 combattants lors de l’offensive israélienne de 22 jours, alors que l’Etat Hébreu indique avoir tué plus de 500 combattants du Hamas.

Le Hamas affirme pouvoir encore tirer des roquettes

Le mouvement islamiste a par ailleurs affirmé ce lundi que les tentatives d’Israël d’empêcher son armement étaient vouées à l’échec et que sa capacité à tirer des roquettes sur l’Etat hébreu n’était pas amoindrie. «Qu’ils fassent ce qu’ils veulent. Introduire des armes pour la résistance et les fabriquer est notre mission et nous savons très bien comment acquérir des armes», a déclaré lors d’une conférence de presse à Gaza Abou Oubeida, le porte-parole de la branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine Al-Qassam.

Lors de son offensive, l’armée israélienne a notamment bombardé et détruit les tunnels de contrebande à la frontière entre Gaza et l’Egypte.

La droite israélienne dénonce le cessez-le-feu

Israël estime ainsi avoir «atteint ses objectifs», qui étaient de détruire l’arsenal offensif du Hamas et faire cesser les tirs de roquettes sur le sud de son territoire. Depuis la trêve annoncée par le Hamas dimanche, sous réserve que l’armée israélienne se soit retirée d’ici une semaine de la bande de Gaza, pas une roquette n’a été tirée. Et le Premier ministre Ehud Olmert a assuré que les Israéliens comptaient quitter le territoire «le plus rapidement possible» dès qu’il n’y aurait plus de risques pour la sécurité d’Israël.

Mais déjà, la droite israélienne se fait entendre, affirmant son opposition à la décision unilatérale de mettre fin aux combats. «Nous n’avons rien obtenu des objectifs annoncés lors du déclenchement de l’opération lancée le 27 décembre», a aussitôt proclamé le numéro deux du Likoud, Silvan Shalom. «Nous n’avons pas levé la menace des tirs de roquettes, le Hamas va pouvoir continuer à lancer des roquettes et se livrer à la contrebande d’armes car l’Egypte reste seule à contrôler ce qui se passe à sa frontière avec la bande de Gaza et on a vu ce qui se passe lorsque les Egyptiens sont seuls à l’oeuvre», a-t-il ajouté.

Ehud Barack, «le grand bénéficiaire» de l’offensive

Le Likoud a également critiqué le fait que Gilad Shalit, un soldat franco-israélien enlevé en juin 2006 par le Hamas et détenu dans la bande de Gaza, n’ait pas encore été libéré. Un avis qui semble partagé par une majorité d’Israéliens puisque selon un sondage publié ce lundi par le quotidien «Haaretz», l’opposition de droite reste en tête pour les élections législatives du 10 février.

Malgré tout, nombreux sont ceux qui estiment qu’Ehud Barack, le ministre de la Défense israélien, sort gagnant de l’offensive à Gaza. «Le grand bénéficiaire va être, bien sûr, Ehud Barak, l’homme qui venait du froid», écrivait l’éditorialiste Ben Caspit dans le quotidien Maariv de dimanche. Tzipi Livni, par contre, n’a pas su convaincre sur la scène diplomatique, selon plusieurs analystes. La ministre des Affaires étrangères a notamment échoué à convaincre l’allié américain d’opposer son veto à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU demandant un arrêt immédiat de la guerre. Le verdict sera dans les urnes.

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