Un harmonica français au service d'Obama

ETATS-UNIS Métis et virtuose comme le nouveau président des Etats-Unis, Frédéric Yonnet participe aux festivités de l'investiture à Washington.

Arnaud Levy

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L’harmoniciste Frédéric Yonnet participe aux festivités pour l'investiture de Barack Obama qu'il suit depuis plusieurs années.
L’harmoniciste Frédéric Yonnet participe aux festivités pour l'investiture de Barack Obama qu'il suit depuis plusieurs années. — DR

Il est jeune et radieux, grand et stylé, né d’un parent noir et d’un autre blanc, sincèrement engagé et intensément talentueux. Comment pourrait-il ne pas être,  mardi à Washington, au rendez vous de l’investiture du 44ème président des Etats-Unis d’Amérique?

Depuis une semaine, l’harmoniciste Frédéric Yonnet enchaîne les concerts dans le cadre des festivités qui accompagne la montée de l’élu vers Washington. Il jouait encore dimanche devant l’ambassadeur de France qui recevait le «Congressional Black Caucus» (les parlementaires noirs américains). «Il y a eu le jour où l’homme a marché sur la lune. Il y a eu l’élection d’Obama. Ce soir là j’avais un peu l’impression d’être sur les Champs Elysées en 1998 après la Coupe du monde. La même ambiance. Désormais une fierté intense a succédé à l’explosion de joie. Les gens ont l’impression que leur rêve a le droit d’être réel. Il a pris forme.»

Le virtuose métis de l’harmonica, natif de Pont-l’évêque (Calvados), a depuis quatre ans régulièrement mis son instrument au service des campagnes de Barack Obama. La première fois c’était en 2004, à Boston, à la veille du discours qui allait révéler l’étoile nouvelle du parti démocrate. Durant la campagne 2008, Fred Yonnet a multiplié les participations aux levées de fonds et animations de campagne, et pu saluer à nouveau  Obama après un discours au Stade de  Denver.

«J’ai toujours la green card  et donc pas encore le droit de vote. La seule chose que je pouvais faire c’est de partager mon art.» Or l’art de l’ancien musicien de l’émission «Nulle part ailleurs» qui a rejoint en 2001 son épouse à Washington (DC), lui vaut un engouement croissant de la scène jazz et soul américaine. Le Frenchy, que son ami Dave Chappelle, super-star issue du stand up aux Etats Unis, présente comme le «Jimmy Hendrix  de l’harmonica», a su faire redécouvrir son instrument en (re)visitant tous les genres de la musique noire américaine.

Il  ainsi joué aux cotés de Prince, d’Erikah Badu, et surtout de Stevie Wonder, qu’il a accompagné sur scène, du Madison Square Garden à Bercy. C’est d’ailleurs avec celui qu’il considère son «père musical» et auquel le lie désormais «une relation quasi familiale» qu’il espérait passer cette journée «historique», au plus près du discours du nouveau président. «Ce qui est extraordinaire, souligne-t-il, c’est que les évènements sombres de l’actualité n’ont pas assombri les perspectives. Il passe à travers. Il donne le sentiment que ce qui a marché avant aux Etats-Unis, ce dynamisme et ce sentiment d’appartenance autour du drapeau, peut marcher à nouveau. Avec la crise économique le travail est immense. Mais ça ne fait peur à personne…»