Début du retrait israélien de la bande de Gaza

PROCHE-ORIENT Après vingt-deux jours de conflit, Israéliens et palestiniens sont parvenus ce dimanche à un cessez-le-feu, que tout le monde espère durable...

C. L. avec agence

— 

Des photographes de l'AFP ont vu plusieurs groupes de soldats quitter le territoire palestinienn faisant le "V" de la victoire, chargé de leur barda, parfois surmonté de drapeaux israéliens.
Des photographes de l'AFP ont vu plusieurs groupes de soldats quitter le territoire palestinienn faisant le "V" de la victoire, chargé de leur barda, parfois surmonté de drapeaux israéliens. — Jack Guez AFP

L'armée israélienne a entamé dimanche un retrait progressif de la bande de Gaza après l'instauration d'un cessez-le-feu dans le territoire palestinien, ravagé par 22 jours d'une offensive meurtrière. Quelque heures après l'instauration d'un cessez-le-feu unilatéral israélien, le mouvement islamiste Hamas a à son tour annoncé une cessation des hostilités depuis Damas et donné une semaine à Israël pour quitter entièrement la bande de Gaza.

>>  La journée de dimanche, heure par heure

Aucun combat ni bombardement n'a eu lieu dimanche, hormis des accrochages tôt dans la matinée, après des tirs de roquettes palestiniennes. Au total une vingtaine ont été tirées par le Hamas, et deux Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne.

«Retrait progressif de l’armée israélienne»

«Je peux confirmer qu'il y a un retrait progressif de l'armée de la bande de Gaza», a déclaré une porte-parole militaire. Les chars ont quitté leur principale position dans l'ancienne colonie de Netzarim, au sud de la ville de Gaza, ouvrant pour la première fois depuis le 3 janvier la route entre le sud et le nord du territoire, selon des témoins. Les troupes ont également quitté des positions autour de Jabaliya et Beit Lahya (nord).

Les chars se sont toutefois redéployés aux frontières, côté palestinien, conformément aux annonces d'Israël qui a décidé de maintenir une partie de ses unités afin de faire face à d'éventuelles attaques palestiniennes.

Les secours palestiniens en action

Les services de secours palestiniens ont sillonné toute la journée les ruines à Beit Lahya et Jabaliya, découvrant une centaine de corps qui n'avaient pas pu être récupérés en raison des combats, a affirmé le chef des urgences Mouawiya Hassanein.

Le calme a permis aux Palestiniens de quitter pendant plusieurs heures leur maison, s'aventurant dans les rues pour juger de l'ampleur, immense, des dégâts. «Il n'y a plus de maison ici. C'était chez moi», s'est lamenté Yahya Karim, devant les ruines de son domicile du quartier de Zeitoun.

Un lourd bilan humain

Malgré les lourdes pertes palestiniennes, des mosquées du Hamas ont clamé la «victoire». «Le mouvement islamiste Hamas félicite notre peuple pour sa victoire courageuse», ont lancé les hauts parleurs de la mosquée al-Kinz, où flottent au vent les drapeaux verts du mouvement islamiste.

En trois semaines d'offensive, au moins 1.300 Palestiniens ont été tués, dont 410 enfants et 108 femmes, et plus de 5.300 blessés, selon un nouveau bilan des services d'urgence de Gaza. Côté israélien, 10 militaires et 3 civils sont morts.

La diplomatie en action à Charm el-Cheikh

Parallèlement, un sommet international s'est tenu à Charm el-Cheikh (Egypte) pour tenter de «consolider» le cessez-le-feu, rassemblant les chefs d'Etats et de gouvernements européens au côté du président palestinien Mahmoud Abbas. Israël n'était pas représenté.

Le président égyptien Hosni Moubarak a appelé à un «soutien international» au plan égyptien prévoyant la fin totale des violences dans la bande de Gaza.

«Il faut maintenant qu'Israël indique clairement, que si les tirs de roquettes s'arrêtent, l'armée israélienne doit quitter Gaza», a de son côté déclaré le président français Nicolas Sarkozy.

«Ce cessez-le-feu fragile doit être suivi immédiatement, s'il veut être durable, par l'entrée d'aide humanitaire (...) par le retrait des troupes et par la fin du trafic d'armes» entre Gaza et l'Egypte, a renchéri le Premier ministre britannique Gordon Brown.

Obama veut une paix «durable»

Six dirigeants européens présents au sommet de Charm el-Cheikh (Allemagne, France, Espagne, Italie, Royaume Uni et République tchèque) se sont ensuite rendus en Israël pour rencontrer Le Premier ministre israélien Ehud Olmert.

Aux Etats-Unis, Barack Obama a espéré que la trêve des combats à Gaza sera «durable», a déclaré dimanche son principal conseiller, David Axelrod, à l'avant-veille de l'investiture du 44e président des Etats-Unis.