Le carnet de bals des Obama

ETATS-UNIS L'investiture, c'est aussi le nombre impressionnant de bals tenus partout dans la ville. Des bals officiels aux bals d'investiture autoproclamés (l'écolo, le familial ou encore l'hawaien alohaball.org, 20minutes.fr repère les plus vue.

Laura Desjardins

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Des mesures de sécurité sans précédent sont mises en place dans la capitale américaine pour l'investiture mardi de Barack Obama, sur qui plane une menace qui promet de rester vive bien au-delà de sa prestation de serment.
Des mesures de sécurité sans précédent sont mises en place dans la capitale américaine pour l'investiture mardi de Barack Obama, sur qui plane une menace qui promet de rester vive bien au-delà de sa prestation de serment. — Mark Wilson AFP/Getty Images
De notre envoyée spéciale à Washington D.C.

Barack Obama va-t-il battre le record de Bill Clinton en 1997? Le président fétard avait participé à 14 bals. Cette année, le carnet de bals des Obama n'inclut pas moins de dix bals officiels. Parmi eux, le bal d'investiture du «voisinage», des jeunes, du commandant en chef  et les bals des Etats de l'Ouest, de l'Est, Sud, Midwest, celui des Etats d'Obama, des Etats du vice-président Joe Biden (Delaware et Pennsylvanie).

De plus, au moins deux douzaines de galas d'investiture auront lieu le 20 Janvier parallèlement aux bals officiels. Certains bals sont spécifiques par leurs cibles (comme celui sponsorisé par les «babyboomers professionnels»), d'autres par leur idéologie comme le gala pour la paix. Parmi les plus en vue, le bal vert organisé par Al Gore. Au menu, petits fours à base d'ingrédients bio et du vin bio. Pour réduire l'empreinte de carbone, les néons auront des ampoules LED. Faire la fête en étant respectueux de l'environnement a un prix: $500.

Le jour sera-t-il comme Barack Obama et son équipe l'ont promis «l'investiture la plus ouverte et accessible de l'histoire de la nation»? C'est peu probable. Les billets pour les bals officiels sont distribués au compte-goutte par les membres du Congrès. Même en ayant ses entrées, les places ne sont pas données (environ $150). «La cérémonie elle-même est populaire mais les gens ne réalisent pas que les bals et les soirées privées resteront toujours très select», dit Kevin Jennings, membre du Comité des finances nationales d'Obama, le comité chargé de lever des fonds pendant la campagne.

Une vieille tradition

Les détenteurs de billets ne sont pas forcément des heureux élus. «Les bals sont tellement bondés qu'ils ressemblent à une rame de métro. Les gens attendent dans le froid pour passer la sécurité d'abord, puis pour le vestiaire et ensuite pour une boisson dans un verre en plastique», raconte Judith Martin, une journaliste de Washington, vétérante des cérémonies d'investiture. «Tout le monde attend le Président. Il y a toujours des rumeurs qui émanent de la foule: «Ils arrivent, ils arrivent». Parfois ça s'avère vrai, parfois non.»

La tradition des bals remonte à 1809, quand une hôte de choix Dolley Madison organisa le premier bal d'investiture. Les habitants de Washington s'ennuyaient ferme et les Madison pensèrent que les divertir aiderait à Washington à rester la capitale du pays. Devant le succès populaire, James Monroe a gardé l'idée pour son investiture en 1817, puis Quincy Adams et Andrew Jackson...

Impossible de danser

La foule est l'une des caractéristiques principales des bals. «Je ne sais pas si quelqu'un a déjà réussi à danser lors d'un bal dans l'histoire de la République», raconte Judith Martin. Il n'est pas garanti que le couple présidentiel lui-même y arrive. Les Eisenhower n'avaient pas pu danser, au grand dam de la first lady qui adorait ça.

Ceux qui ne sont pas sur les listes (ou qui ne veulent pas se ruiner) pourront toujours se consoler en regardant le bal du voisinage sur la chaîne de télévision ABC, celui des jeunes sur MTV. Quant aux GI, ils peuvent regarder le bal du commandant en chef sur la chaîne du Pentagone depuis leurs bases. Tous lèveront le coude au nouveau Président. Certains moins à l'étroit que d'autres.