Voir Obama et prendre l'avion pour la première fois

INVESTITURE Douze élèves d'une école défavorisée de Los Angeles se rendent à Washington...

Philippe Berry

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Les 12 élèves de KIPP LA, à Washington
Les 12 élèves de KIPP LA, à Washington — KIPP LA
De notre correspondant à Los Angeles

On ne compte plus les voyages scolaires organisés autour de l’investiture d’Obama. Dur de faire mieux comme cours d’éducation civique appliqué. Pour les élèves d’une école catholique privée d’Orange County, en Californie, les parents ont payé: 1.500 euros par tête. Les collégiens devront malgré tout rembourser chaque cents d’ici la fin de l’année en levant des fonds.

 

D’autres n’ont pas la chance d’avoir des parents pouvant sortir le chéquier. Qu’à cela ne tienne: Ian Guidera, le directeur de l’établissement KIPP de Los Angeles, un réseau d’écoles publiques dans les zones les plus défavorisées) était bien décidé à envoyer des élèves à Washington. Grâce à la philanthropie de Virgin America, le rêve va devenir réalité pour 12 collégiens. Pour la plupart, ils n’étaient jamais sortis de Californie.

 
Sélection draconienne
 

Comment choisir les heureux élus? En leur faisant écrire une rédaction évidemment. Sur les 300 élèves, une grosse moitié a relevé le défi, répondant à la question «pourquoi voulez-vous aller voir Obama, et pourquoi le méritez-vous».

 

«Barack Obama est mon idole et j’aimerais lui ressembler en grandissant. Mes parents n’ont jamais eu l’opportunité d’aller à Washington. Je n’ai jamais pris l’avion. Si je suis choisi, je serai la personne la plus heureuse de la terre», écrit Malik, 12 ans, qui a sauté de joie en apprenant la nouvelle.

 

«J’ai accompagné ma mère et ma tante quand elles sont allées voter. On a dû attendre 5 heures. Au début, c’était un peu ennuyeux. Mais après, elles m’ont rappelé qu’il n’y a pas si longtemps, les Noirs n’avaient même pas le droit de vote. Quand j’ai vu le discours victorieux de Barack, je me suis dis «Yes, I can» (Oui, je peux). Peut-être que je deviendrai la première femme présidente !», rêve Brea.

 

Elexis, elle, a déjà prévu de raconter l’événement à sa descendance: «Je veux aller à Washington pour pouvoir dire à mes petits enfants ‘J’y étais’. Je veux faire partie de l’histoire!»

 

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