Spectateurs, sécurité, budget: une investiture de tous les records

ETATS-UNIS Des millions de personnes attendues, des services secrets sur les dents. Pour son entrée à la Maison Blanche, Barack Obama voit grand.

Philippe Berry

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 Commemorative Washington DC 'SmarTrip' Metro fare card with the image of U.S. President-elect Barack Obama's face is seen next to a bus window on the East side of the U.S. Capitol Building in Washington, January 13, 2009. The only other president to be honored this way on a Metro card was Bill Clinton in 1993.    REUTERS/Larry Downing  (UNITED STATES)
 Commemorative Washington DC 'SmarTrip' Metro fare card with the image of U.S. President-elect Barack Obama's face is seen next to a bus window on the East side of the U.S. Capitol Building in Washington, January 13, 2009. The only other president to be honored this way on a Metro card was Bill Clinton in 1993.    REUTERS/Larry Downing  (UNITED STATES) — REUTERS/Larry Downing
De notre correspondant à Los Angeles  


Un raz-de-marée populaire attendu

Un million, trois millions, cinq millions? Les estimations divergent mais sont plutôt à la baisse. La foule, le vent et la neige annoncés ont fini par refroidir l’enthousiasme initial de certains. Dans tous les cas, affirme Vanity Fair, l’investiture de Barack Obama atomisera les 400.000 personnes de celle de Bush en 2005 et dépassera sans aucun doute le record de Lyndon Johnson (1,2 million). Pas sûr en revanche que Barack soit plus fort Jean-Paul II à Manille (entre 4 et 5 millions de fidèles).

 

Avec Ségolène Royal, mais sans chefs d’Etat

Pour des questions de sécurité, les chefs d’Etat ne sont en effet traditionnellement pas invités à l’investiture. A la place, ce sont les ambassadeurs qui représentent leur pays. En revanche, Ségolène Royal a décidé de faire le voyage à titre personnel. La présidente de la région Poitou-Charentes devrait séjourner «dans une famille» et rencontrer des économistes de l’équipe d’Obama.

 
Sécurité maximale

Même si le département de la Sécurité intérieure affirme qu’il n’y a «pas de menaces particulières crédibles», le dispositif sera l’un des plus importants jamais mis en place. Au total, près de 40.000 militaires, policiers, gardes nationaux, agents du FBI ou des services secrets seront mobilisés. Sur FoxNews, le porte-parole du Secret Service (en charge de la protection du Président) explique se tenir prêt à tout, «d’un individu isolé à une attaque terroriste». Un homme a d’ailleurs été arrêté vendredi après avoir proféré des menaces de mort contre Obama sur Internet.

 

Des avions et des bateaux patrouilleront, le réseau d’eau sera surveillé. La circulation sera, elle, bloquée dans une large zone autour du cortège présidentiel (carte), des ponts fermés, les spectateurs fouillés (la liste est longue des objets interdits, incluant les poussettes et les parapluies, ).

 

Pour l’Obamobile, la nouvelle limousine présidentielle, General Motors n’a pas vraiment fait dans l’esthétisme. Surnommé «The Beast» (la bête), le véhicule est censé pouvoir résister à un tir de roquette.

 
La crise du logement...

Dans le District de Columbia, tous les hôtels ou presque affichent complet. Prix multipliés par deux ou trois (500 dollars la nuit dans Washington-même était plutôt dans la fourchette basse), avec parfois l’obligation de rester quatre nuits minimum, avec dépôt non remboursable. Pourtant, il resterait quelques centaines de chambres vides, pour cause d’annulations ou d’établissements ayant préféré se retirer des sites internet comme Expedia ou Hotwire. La plupart des visiteurs séjourneront malgré tout dans les états voisins (Virginie, Maryland, Delaware). Voire carrément dans de la famille en Pennsylvanie ou Caroline du nord, à plusieurs centaines de kilomètres.

 

...qui profite aux locaux

Washington compte environ 600.000 habitants. Qui profitent de l’aubaine et louent une chambre ou leur maison à prix d’or. Sur le site de petites annonces Craigslist, les chambres sur la Colline du Capitole peuvent aller jusqu’à 1.000$ la nuit.

 

Les républicains fuient Washington

La défaite de McCain était déjà dure à encaisser. Voir des millions d’Américains assister au sacre d’Obama, c’en est trop pour certains républicains. D’après The Hill, ils sont nombreux à en profiter pour partir en vacances. Leurs destinations préférées? Cancun, Las Vegas ou la montagne. Louer son appartement 5.000 dollars la semaine, ça paie de jolies vacances. Avant de s’exiler, un responsable des finances de la campagne de Mitt Romney organise même un dernier souper, le 19 au soir. Qui sera Juda?

 

Une investiture à 150 millions de dollars?

CNN Money se risque à lancer un chiffre. Ce montant est la somme estimée du coût de toutes les festivités (bals, dîners etc), des cérémonies officielles, et du salaire de tous ceux mobilisés (sécurité, transports...). Environ un tiers provient de dons (argent récolé par le Comité inaugural présidentiel dans la dynamique de la campagne d’Obama), un petit tiers, du budget fédéral (donc de l’argent des contribuables américains); et le dernier gros tiers de la ville de Washington et les Etats du Maryland et de Virginie.

 
Une investiture 2.0

Dans la droite lignée de la campagne d’Obama, son inauguration mise comme jamais sur Internet et les nouvelles technologies. Via sms ou email ou twitter, on peut être tenu au courant en temps réel du déroulement des événements. Fox et toutes les chaînes majeures auront des flux vidéos en direct sur leur site Internet. CNN.com a passé un partenariat avec Facebook pour afficher le status des membres inscrits pour suivre l’inauguration.