Crash du vol MH17 : « Je n’ai pas vu de missile BUK », affirme un suspect

ENQUETE Le 17 juillet 2014, les 298 personnes à bord de l'avion avaient été tuées

20 Minutes avec agences

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Des restes du Boeing du vol MH17, près de Grabove le 26 juillet 2014
Des restes du Boeing du vol MH17, près de Grabove le 26 juillet 2014 — Bulent Kilic AFP

Un suspect jugé par un tribunal néerlandais pour son rôle dans le crash de l'avion du vol MH17 au-dessus de l’Ukraine en 2014 a déclaré ce mardi qu’il n’avait vu aucun signe du type de missile utilisé selon l’accusation pour abattre l’appareil. « Je n’ai pas vu de missile BUK », a déclaré Oleg Poulatov dans un témoignage vidéo enregistré en Russie et montré mardi par ses avocats devant le tribunal de Schiphol, en banlieue d’Amsterdam.

Le Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines, parti d’Amsterdam pour Kuala Lumpur le 17 juillet 2014, avait été touché en plein vol par un missile BUK de conception soviétique, selon les enquêteurs, au-dessus de la zone de conflit armé avec les séparatistes pro-russes dans l’Est de l’Ukraine. Les 298 personnes à bord, parmi lesquelles 196 Néerlandais, avaient été tuées.

Quatre haut gradés poursuivis

Les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, ainsi que l’Ukrainien Leonid Khartchenko, quatre hauts gradés des séparatistes pro-russes de l’Est de l’Ukraine, sont jugés par le parquet néerlandais. Ils sont poursuivis pour meurtre et pour avoir été délibérément impliqués dans le crash de l’avion en convoyant le système de missiles anti-aériens BUK, avant que celui-ci ne soit actionné par d’autres personnes encore non identifiées.

Les quatre hommes, premiers suspects inculpés dans l’affaire, encourent la perpétuité. Seul Oleg Poulatov a choisi d’être représenté par des avocats néerlandais, les trois autres sont jugés par contumace. « Aucun BUK ni aucun ordre lié à un BUK n’a été mentionné durant les réunions », auxquelles il a participé le jour du crash, a ajouté Oleg Poulatov.

L’équipe internationale d’enquêteurs, dirigée par les Pays-Bas, a établi en mai 2018 que l’avion avait été abattu par un missile BUK en provenance de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk (sud-ouest). Les Pays-Bas et l’Australie ont ouvertement accusé la Russie de la mort de ses ressortissants. Moscou a de son côté toujours nié avec véhémence toute implication dans le crash et a rejeté la faute sur Kiev.