Un oiseau contre un avion: ce n'est pas toujours l'avion qui gagne

ACCIDENTS Les volatiles sont responsables de nombreux accidents aériens...

J.M. avec agence

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Les oiseaux, responsables apparemment de la panne des deux réacteurs d'un Airbus A320 contraint de se poser jeudi sur l'Hudson River à New York, sont à l'origine de nombreux accidents dans le monde.
Les oiseaux, responsables apparemment de la panne des deux réacteurs d'un Airbus A320 contraint de se poser jeudi sur l'Hudson River à New York, sont à l'origine de nombreux accidents dans le monde. — Jerritt Clark AFP/Getty Images

Des oiseaux maléfiques, comme dans le film d'Alfred Hitchcock? Un scénario pas si fantaisiste puisque les volatiles, auxquels on attribue la panne des deux réacteurs de l'Airbus A320 contraint de se poser jeudi sur l'Hudson River à New York, sont à l'origine de nombreux accidents de ce type.

«Les oiseaux c'est un danger permanent et les incidents sont assez fréquents», commente Patrick Magisson, pilote d'Air France sur A320. «A chaque fois que nous en voyons aux abords des pistes, nous demandons l'intervention du service chargé de les effaroucher. Cela arrive régulièrement», assure-t-il.

Au décollage ou à l'atterrissage

Dans la plupart des cas, la collision se produit au décollage, comme à New-York, ou à l'atterissage, quand les réacteurs tournent à plein régime. Les incidents sérieux sont deux fois plus nombreux au décollage qu'à l'atterrissage, selon la direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Les dommages matériels vont d'une simple déformation du bord d'attaque de l'aile à la destruction partielle ou totale du réacteur. Les conséquences de la collision sont d'autant plus importantes que l'avion et les oiseaux percutés se déplacent rapidement.

Entre fauconneries et effaroucheurs

Les tests de certifications aux impacts d'oiseaux, édictés par les règlements de navigabilité internationaux sont de plus en plus sévères. C'est pourquoi les moteurs les plus récents, bien que plus gros que ceux des générations précédentes, ont une meilleure résistance à l'ingestion d'oiseaux.

Testée dans les années 1980 sur les aérodromes civils en France, la fauconnerie a été abandonnée pour des raisons de coût et de responsabilité. A Roissy, un porte-parole d'Aéroports de Paris raconte qu'une quinzaine d'effaroucheurs formés en ornithologie travaillent en permanence sur les pistes.

Ces équipes disposent d'un arsenal complet pour faire fuir les nuisibles: cris de détresse adaptés aux oiseaux, fusées crépitantes, détonantes ou sifflantes, laser... En amont, les gestionnaires des aéroports se chargent de faire en sorte que les oiseaux ne s'installent pas dans les espaces verts environnants.

Plus de 200 personnes ont été tuées depuis 1988 à cause d'une collision entre des oiseaux et un avion.

Plus de 5.000 cas de collisions ont été rapportés par l'US Air Force en 2007, selon le comité bird strike américain spécialiste de la question.

Depuis 1912, «90 avions civils ont été perdus dans le monde» à cause d'une collision avec un oiseau, selon un dossier de la DGAC française de décembre 2008.

Le 8 novembre 2008, un Boeing 737 de la compagnie Ryanair effectue
un atterrissage d'urgence à Rome, ses deux moteurs ayant ingéré des étourneaux. Parmi les 166 passagers et 6 membres d'équipage, 10 reçoivent des soins médicaux.

Le 2 avril 2001, un Boeing 767 d’American Airlines percute des canards sauvages après avoir décollé de Roissy. Ces oiseaux d’un kilo perforent l’avant de l’appareil et pénètrent dans le poste d’équipage, contraignant l’avion dépressurisé à se reposer à Roissy.