Israël renforce son offensive juste avant un possible cessez-le-feu

PROCHE-ORIENT Tsahal a pilonné sans relâche la bande de Gaza, alors que les pourparlers semblent avancer...

C. F. (avec agence)

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Dans la matinée, les chars israéliens se sont retirés des quartiers dévastés dans les combats de la veille, où 23 corps ont été extraits des décombres, selon des sources médicales.
Dans la matinée, les chars israéliens se sont retirés des quartiers dévastés dans les combats de la veille, où 23 corps ont été extraits des décombres, selon des sources médicales. — Jack Guez AFP

L'intensification de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza jeudi et cette nuit est peut-être le signe le plus tangible d'un possible cessez-le-feu. Tsahal se hâte d'achever sa mission, à savoir la destruction d'un maximum de capacités offensives du Hamas avant la signature d'un accord. Certains pensent même que «l'objectif des Israéliens est de prendre Gaza et de négocier ensuite», comme le confie un journaliste palestinien à «Libération».

Dans la nuit, l'aviation israélienne a mené une quarantaine de raids aériens, selon un porte-parole militaire. Ce vendredi matin, les chars israéliens se sont toutefois retirés des quartiers de Gaza dévastés par les bombardements de la veille.

L'ONU, un hôpital et des médias touchés

La journée de jeudi aura peut-être été celle de trop pour l'image d'Israël dans l'opinion publique internationale. Même les Etats-Unis, pourtant alliés indéfectibles de l'Etat hébreu, ont manifesté leur préoccupation. Les attaques ont touché le complexe de l'Unrwa, la principale agence d'aide de l'ONU dans le territoire palestinien, un hôpital et un immeuble abritant des médias internationaux.

Un coup dur a également été porté au Hamas. Saïd Siam, un des «faucons» du mouvement islamiste et son «ministre» de l'Intérieur à Gaza, a été tué dans un des bombardements avec son fils Mohammad et son frère Iyad dans le nord de Gaza-ville.

Au total, au moins 50 Palestiniens ont été tués sur cette seule journée, selon des sources palestiniennes. Ce vendredi matin, 23 corps ont par ailleurs été retrouvés par les secouristes dans des décombres. Au 21e jour, l'opération plomb durci avait fait au moins 1.133 morts.

Chacun pose ses conditions

Dans le même temps, les pourparlers autour du plan de cessez-le-feu égyptien semblaient avancer, au lendemain de la visite du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Le ministre israélien des infrastructures, Binyamin Ben Eliezer, a envisagé ce vendredi un accord pour la «semaine prochaine». Il a toutefois souligné qu'Israël «ne pouvait accepter la proposition de trêve de six mois à un an», en référence à une proposition du Hamas. L'Etat hébreu veut une trêve sans limite de temps et exige la présence de forces de l'Autorité palestinienne au point de passage de Rafah avec l'Egypte.

De son côté, le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal a réaffirmé que son mouvement n'acceptera pas de plan de sortie de crise à Gaza qui ne porte pas sur un cessez-le-feu immédiat, un retrait immédiat de l'armée israélienne, la levée du blocus et l'ouverture des points de passage.

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