Turquie : Une caricature d’Erdogan en Une de Charlie Hebdo provoque la colère d’Ankara

TENSIONS Le dessin montre le président turc en train de boire une bière et de soulever la jupe d’une femme portant le voile

20 Minutes avec AFP

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à Ankara le 26 octobre 2020.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à Ankara le 26 octobre 2020. — AP Pool

La tension entre Ankara et Paris n’est pas près de retomber. La Turquie a vivement réagi mardi à une caricature de son président à paraître en Une ce mercredi de Charlie Hebdo. Le dessin, diffusé en ligne mardi soir, montre Recep Tayyip Erdogan, en tee-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d’une femme portant le voile, dévoilant ainsi ses fesses nues.

« Nous condamnons cet effort tout à fait méprisable de la part de cette publication pour répandre son racisme culturel et sa haine », a déclaré le principal conseiller pour la presse du président turc, Fahrettin Altun, sur Twitter. Il a présenté cette publication comme le résultat du « programme anti-musulman du président français Macron ».

Action en justice

« Les actions judiciaires et diplomatiques nécessaires seront entreprises contre ladite caricature », a déclaré la direction de la communication de la présidence turque dans un communiqué en français, dans un contexte de tensions croissantes entre Ankara et Paris. Peu après cette déclaration, le parquet d’Ankara a annoncé l’ouverture d’une enquête contre les dirigeants de Charlie Hebdo.

Ces nouvelles tensions interviennent dans un contexte de crise diplomatique entre la Turquie et la France, deux pays membres de l’Otan aux relations mouvementées. Lundi, Recep Tayyip Erdogan a ainsi appelé ses concitoyens à boycotter les produits français, quelques jours après le rappel par Paris de son ambassadeur à Ankara après que le chef d’Etat turc eut mis en cause la « santé mentale » de son homologue français. La Turquie reproche au président français Emmanuel Macron d’avoir exprimé son soutien à la liberté de caricaturer le prophète Mahomet, lors d’un hommage à un enseignant français tué par décapitation pour avoir montré des caricatures en classe.