Niger : Un ressortissant américain enlevé

DISPARITION Le Sahel est une région où de nombreux enlèvements se produisent

J.-L.D. avec AFP

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Illustration de la région du Sahel.
Illustration de la région du Sahel. — PETIT TESSON-POOL/SIPA

Un Américain a été enlevé dans la nuit de lundi à mardi par des « hommes armés » dans le sud du  Niger, à Massalata, village situé près de Birni Nkonni, (400 km à l’est de Niamey) tout près de la frontière avec le Nigeria, une zone où prospèrent bandits et contrebandiers.

« Dans la nuit, six hommes, peut-être des Peuls, sont venus à pied. Ils ont enlevé mon fils Philip Walton. Ils cherchaient de l’argent dans la maison mais il n’y en avait pas assez. Il n’y avait que 20.000 francs CFA (30 euros). Suite à cela, ils sont partis avec lui », a affirmé son père, Bruce Walton, à la radio locale Niyya de Birni Nkonni. « Tous les six hommes étaient armés », a souligné Philip Walton, qui a précisé qu’ils s’exprimaient en haoussa avec des bribes d’anglais.

Le Sahel, théâtre d’enlèvement d’Occidentaux

Philip Walton était installé à Massalata avec sa femme et un enfant depuis deux ans, selon son père qui habite Birni Nkonni et vit au Niger depuis près de 30 ans. Son père, Bruce, est décrit comme un « missionnaire » par les autorités locales. Selon le préfet du département de Birni Nkonni, Ibrahim Abba Lelé, les « six hommes étaient armés de Kalachnikov » et sont repartis sur « trois motos » en direction du Nigeria. Une version confirmée par le chef du village Ibrahim Dagual.

Le Sahel est régulièrement le théâtre d’enlèvement d’Occidentaux par des groupes djihadistes. Début octobre au Mali, la Française Sophie Pétronin et deux otages italiens ont été libérés, mais plusieurs restent détenus au Sahel. Parmi eux, l’humanitaire américain Jeffery Woodke enlevé au Niger en octobre 2016 à Abalak, à environ 200 km au nord de Birni Nkonni.

Porosité des frontières et dangerosité de la région

Toutefois la zone dans laquelle Philip Walton a été enlevé est loin du rayon d’action habituel des groupes djihadistes. C’est une zone de contrebande et de banditisme actifs, grâce à la porosité de la frontière entre le Niger et le Nigeria.

Avec le Mali et le Burkina Faso voisin, il est au cœur d’une immense zone écumée par des groupes djihadistes se revendiquant d’EI ou de son rival Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et où sont déployés quelque 5.100 soldats français de la force antiterroriste Barkhane.

Le Niger fait également face à des attaques du groupe islamiste nigérian Boko Haram, à ses frontières sud-est. Outre des raids meurtriers, Boko Haram multiplie les enlèvements d’habitants, libérés contre rançon.