« Charlie Hebdo » : Le Conseil des sages musulmans veut poursuivre le journal après la publication des caricatures de Mahomet

PLAINTE La représentation des prophètes, comme la caricature de Mahomet dans « Charlie Hebdo », est interdite par l’islam, explique le Conseil

20 Minutes avec AFP

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Une Une de Charlie Hebdo projetée sur la façade de l'Hôtel de région de Montpellier, le 23 octobre 2020.
Une Une de Charlie Hebdo projetée sur la façade de l'Hôtel de région de Montpellier, le 23 octobre 2020. — Pascal GUYOT / AFP

Le Conseil des sages musulmans, basé à Abou Dhabi, a annoncé son intention de poursuivre Charlie Hebdo et « quiconque offense l’islam », au moment où la France défend la liberté de publier des caricatures de Mahomet.

Ce conseil, regroupant des dignitaires musulmans de divers pays, « a décidé de mettre en place un comité de juristes internationaux pour poursuivre en justice Charlie Hebdo », indiqué un tweet publié dans la nuit de lundi à mardi sur le compte de l’institution sunnite al-Azhar, basée au Caire. Le conseil, présidé par le grand imam d’al-Azhar, affirme qu’il envisage également de « poursuivre en justice quiconque offense l’islam et ses symboles sacrés ».

Une vague de protestations

En outre, l’instance musulmane « rejette vivement l’usage de la liberté d’expression comme prétexte pour porter atteinte au prophète Mahomet ». « La liberté d’expression (…) doit respecter les droits d’autrui et ne devrait pas permettre d’utiliser les religions dans les marchés de la politique ou dans la propagande électorale », affirme encore le conseil.

Cette crise intervient après que le président français, Emmanuel Macron, a promis de ne pas « renoncer aux caricatures » du prophète Mahomet lors d’un hommage au professeur Samuel Paty, décapité le 16 octobre près de Paris par un extrémiste islamiste, après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet à l’occasion d’un cours sur la liberté d’expression.

Les déclarations d’Emmanuel Macron ont déclenché une vague de critiques dans plusieurs pays musulmans, où des manifestations ont eu lieu pour les condamner. Une campagne par ailleurs a été lancée dans certains pays pour boycotter les produits français, alors que nombre de dirigeants européens sont solidaires du président français.