Caricatures : Alger dénonce « une campagne virulente » contre l’islam après les propos d'Emmanuel Macron

RELIGION Les déclarations d’Emmanuel Macron sur la liberté de publication de caricatures religieuses continuent de susciter un flot de critiques

20 Minutes avec AFP

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Alger fustige
Alger fustige — Sebastian Scheiner/AP/SIPA

Première réaction d’Alger aux déclarations d’Emmanuel Macron. Le Haut Conseil islamique en Algérie, une institution officielle, a fermement condamné lundi la « campagne virulente contre le prophète Mahomet » du président français.

« Nous déplorons l’émergence de groupes qui dévient des valeurs de humaines » et qui « au nom de la liberté d’expression, insultent l’islam et son Messager », a réagi le Haut Conseil, dans un communiqué publié sur la page Facebook de la présidence algérienne.

« Un responsable qui se targue d’être le protecteur des valeurs de fraternité »

Sans citer nommément le président français Emmanuel Macron, le communiqué regrette que cette campagne de dénigrement émane d'« un responsable qui se targue d’être le protecteur des valeurs de fraternité, de liberté et d’égalité ».

Le communiqué fait allusion aux propos d’Emmanuel Macron, qui a assuré que la France continuerait de défendre les caricatures de Mahometlors de l’hommage mercredi au professeur Samuel Paty, décapité dans un attentat islamiste pour avoir montré ces dessins en classe.

« Respect des symboles religieux »

Les déclarations d’Emmanuel Macron ont suscité un flot de critiques dans le monde musulman, de la part de dirigeants politiques et religieux, d’élus mais aussi de simples citoyens sur les réseaux sociaux, et provoqué des manifestations et des appels au boycott des produits français.

Le HCI exhorte « les sages du monde, les organisations religieuses et de défense des droits de l’Homme ainsi que les instances du dialogue interreligieux à faire face à ce discours extrémiste » et à « œuvrer pour le respect des symboles religieux communs contre la haine et le racisme ».

« Instrumentalisation de l’islam »

Par ailleurs, le recteur de la Grande mosquée de Paris, l’avocat franco-algérien Chems-Eddine Hafiz, considéré comme un modéré, a condamné dans un tweet les appels au boycott, dénonçant une « instrumentalisation de l’islam », « visant à discréditer » la France.

Plus ancienne institution musulmane en France métropolitaine, la Grande mosquée de Paris est contrôlée et largement financée par l’Algérie.