Erdogan met en cause « la santé mentale » de Macron, l’Elysée dénonce des propos « inacceptables »

DIPLOMATIE Le président turc a réagi au projet de loi sur le « séparatisme islamiste »

B.Ch. avec AFP

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Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse à Istanbul le 23 octobre 2020
Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse à Istanbul le 23 octobre 2020 — CHINE NOUVELLE/SIPA

Recep Tayyip Erdogan a critiqué samedi avec virulence l’attitude de son homologue français Emmanuel Macron envers les musulmans. « Tout ce qu’on peut dire d’un chef d’Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c’est : allez d’abord faire des examens de santé mentale », a déclaré  le président turc, dans un discours télévisé.

L’Elysée a dénoncé samedi des propos jugés « inacceptables » : « L’outrance et la grossièreté ne sont pas une méthode. Nous exigeons d’Erdogan qu’il change le cours de sa politique car elle est dangereuse à tous points de vue. Nous n’entrons pas dans des polémiques inutiles et n’acceptons pas les insultes », a commenté l’Elysée auprès de l’AFP, en annonçant le rappel pour consultation de l’ambassadeur de France à Ankara.

Nombreuses sources de tension

Il y a deux semaines, Recep Tayyip Erdogan avait dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le « séparatisme islamiste » et la nécessité de « structurer l’islam » en France. Un projet de loi sur la lutte contre « les séparatismes » en France, qui vise l’islam radical, doit être présenté début décembre. Il vise à renforcer la laïcité et à consolider les principes républicains en France et comporte plusieurs points susceptibles de provoquer des tensions avec la Turquie, comme le contrôle renforcé des financements des mosquées ou l’interdiction de la formation des imams à l’étranger.

Ce contentieux vient s’ajouter à une longue liste de désaccords  entre Emmanuel Macron et son homologue turc, qui prend régulièrement la défense des minorités musulmanes dans le monde. Des tensions en Méditerranée au conflit en Libye, en passant par les affrontements au Karabakh, de nombreux dossiers opposent actuellement Paris et Ankara.