Liban : Saad Hariri désigné Premier ministre pour former un nouveau gouvernement

POLITIQUE Saad Hariri avait démissionné il y a quasiment un an jour pour jour sous la pression du peuple

20 Minutes avec AFP

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Le nouveauPremier ministre libanais Saad Hariri, le 18 août 2020.
Le nouveauPremier ministre libanais Saad Hariri, le 18 août 2020. — Laurens van Putten/AP/SIPA

Comme un air de déjà-vu au Liban. L'ancien Premier ministre Saad Hariri a été choisi ce jeudi pour former un gouvernement, a rapporté la présidence après les consultations parlementaires contraignantes menées par le chef de l'Etat Michel Aoun.

Dans sa première prise de parole à la télévision, le nouveau Premier ministre a promis ce jeudi au Liban de former un « gouvernement d’experts » non issus de partis politiques en vue de mener des « réformes », en accord avec « l'initiative française » défendue par Paris pour sortir le pays de son effondrement économique. « Le temps presse et le pays est confronté à son unique et dernière chance », a-t-il ajouté.

Héritier et homme d’affaires

Saad Hariri a été choisi par une majorité de 65 députés, selon un communiqué lu en conférence de presse par un haut responsable de la présidence. Il avait démissionné il y a quasiment un an jour pour jour sous la pression d’un soulèvement populaire inédit et va devoir s’atteler à la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale dans un Liban en plein effondrement économique.

Agé de 50 ans, cet héritier d’une fortune colossale a passé une partie de sa vie à l’étranger, notamment en Arabie saoudite où son père avait fait fortune. A la tête du géant de la construction Saudi Oger -aujourd’hui criblé de dettes, il est accusé d’avoir licencié ou cessé de payer des milliers d’employés.

A la tête de trois gouvernements

Son entrée sur la scène politique s’est faite malgré lui, quand sa famille lui a demandé de reprendre le flambeau de son père, Premier ministre assassiné le 14 février 2005 dans un attentat qui plongea le Liban dans la tourmente.

A ses débuts, ses détracteurs raillaient son arabe hésitant. Dans un système confessionnel où le Premier ministre doit être sunnite, il est contraint depuis des années de composer avec le puissant Hezbollah. Car il n’a jamais réussi à limiter l’influence du mouvement chiite, seule faction libanaise à avoir gardé ses armes après la guerre civile (1975-1990). Au Liban abonné aux crises politiques à répétition, Saad Hariri a déjà dirigé trois gouvernements. Devenu un acteur incontournable de l’échiquier politique depuis son accession au pouvoir pour la première fois en 2009, il s’est peu à peu forgé une réputation d’homme de compromis.