Brexit : L'UE peut « négocier » mais ne changera « d’approche » sur les négociations commerciales

DIPLOMATIE Londres réclame « un changement fondamental d’approche » de la part des Européens

20 Minutes avec AFP

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Les Vingt-sept ne vont pas changer
Les Vingt-sept ne vont pas changer — Dinendra Haria/LNP/Shutterstock/SIPA

Le bras de fer entre l’Union européenne et le Royaume-Uni se poursuit. « Nous n’aurons pas de nouvelle approche », a déclaré Clément Beaune devant la Commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale. Il a ainsi clairement rejeté une revendication du Premier ministre Boris Johnson concernant les négociations post- Brexit. Le chef du gouvernement britannique avait en effet conditionné vendredi la poursuite des négociations commerciales à « un changement fondamental d’approche » de la part des Européens, malgré la menace d’un « no deal » (non-accord) le 1er janvier.

« Nos priorités sont claires. Elles n’ont pas de raison de changer. Elles ont été communiquées de manière transparente, en toute bonne foi à nos partenaires de négociation », a poursuivi le secrétaire d’Etat français. « A eux de nous dire maintenant, au-delà de la tactique, s’ils veulent continuer à négocier. Nous y sommes prêts », a-t-il ajouté.

« Le « no deal » est plus douloureux pour les Britanniques que les Européens »

Londres et Bruxelles ont poursuivi mardi leur partie de ping-pong, s’appelant mutuellement à faire un pas l’un vers l’autre pour débloquer les négociations commerciales post-Brexit, plus enlisées que jamais. « Il ne faut pas céder à une tactique ou une technique d’intimidation. Le «no deal» est plus douloureux pour les Britanniques que les Européens », a martelé Clément Beaune.

« On se laisse souvent, c’est une spécificité des Européens dans les relations internationales (…) impressionner par notre partenaire ou notre adversaire », a-t-il relevé. « Nous avons un marché qui est huit fois plus important que le marché britannique, nous Union européenne, donc le besoin est assez asymétrique », a-t-il poursuivi.

Trois sujets de discorde

Les discussions butent sur trois sujets : l’accès pour les Européens aux poissonneuses eaux britanniques, les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

« Il est hors de question que sur la bonne mine de notre partenaire, nous lui fassions confiance pour l’éternité pour respecter spontanément les mêmes exigences environnementales, sanitaires, réglementaires dans le domaine financier ou de protection des données que nous », a souligné Clément Beaune.