Corée du Nord : L’ONG HRW dénonce les tortures dans les prisons

HORREUR Human Rights Watch a interviewé des anciens détenus ainsi que des responsables nord-coréens mettant en avant le très violent système carcéral

20 Minutes avec AFP

— 

Des soldats de Corée du Nord, à Pyongyang le 12 octobre 2020.
Des soldats de Corée du Nord, à Pyongyang le 12 octobre 2020. — Jon Chol Jin/AP/SIPA

La situation semble même pire que celle décrite dans le film Midnight Express. Torture, humiliation et aveux sous la contrainte sont légion dans le système judiciaire nord-coréen qui traite les détenus « pire que des animaux », a indiqué lundi Human Rights Watch (HRW) dans un rapport.

« Il faut les frapper pour obtenir l’aveu »

L’organisation de défense des droits de l’Homme basée aux Etats-Unis affirme avoir interviewé des dizaines d’anciens détenus ainsi que des responsables nord-coréens et dénonce la situation dans les centres de détention en Corée du Nord, où la torture est souvent pratiquée. Accusée de violation à grande échelle des droits humains, la Corée du Nord est un pays « fermé » et peu connu sur le fonctionnement de son système judiciaire.

Les personnes interviewées ont affirmé que la détention qui précède un procès est « particulièrement dure » et que les détenus sont maltraités, souvent battus. « Le règlement dit que les détenus ne doivent pas être battus mais nous avons besoin d’aveux durant l’enquête », a expliqué un ancien officier de police. « Alors, il faut les frapper pour obtenir l’aveu », a-t-il admis.

Seize heures sans bouger

Des ex-détenus ont déclaré avoir été obligés de rester agenouillés ou assis sur leurs jambes croisées sans bouger pendant parfois seize heures d’affilée, alors que tout geste entraînait une punition. Ils étaient alors battus avec des bâtons, ceintures en cuir voire à coups de poing et étaient obligés de courir en rond jusqu’à mille reprises autour de la cour de la prison. « Là-bas, tu es traité pire qu’un animal, ce que tu finis par devenir », a expliqué un ancien détenu Yoon Young Cheol.

Des femmes interviewées ont déclaré avoir été l’objet d’agressions sexuelles. Kim Sun Young, une ancienne commerçante d’une cinquantaine d’années qui a fui la Corée du Nord en 2015, a déclaré avoir été violée par son enquêteur dans un centre de détention. Un autre officier de police s’est livré à des attouchements durant son interrogatoire, a-t-elle ajouté, affirmant n’avoir pas eu la force de s’opposer.

Y aura-t-il une pression internationale ?

Dans son rapport, HRW demande à Pyongyang de « cesser la torture endémique et cruelle, ainsi que le traitement dégradant et inhumain dans les centres de détention ». HRW exhorte également la Corée du Sud, les Etats-Unis et d’autres pays membres de l’ONU à faire « pression sur le gouvernement nord-coréen ».

D’une manière générale, la Corée du Nord assure respecter les droits humains et affirme que les critiques de la communauté internationale représentent une campagne de diffamation ayant pour but de « miner le système socialiste sacré ».