Petit lexique pour mieux comprendre le conflit israélo-arabe

PROCHE-ORIENT Au dix-neuvième jour d'offensive à Gaza, retour sur les éléments clefs à connaître pour mieux comprendre la situation...

Maud Descamps

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Le mouvement islamiste Hamas a "réagi favorablement" aux efforts de l'Egypte en faveur d'un cessez-le-feu dans la guerre de Gaza, selon une "source égyptienne autorisée", citée mercredi par l'agence Mena.
Le mouvement islamiste Hamas a "réagi favorablement" aux efforts de l'Egypte en faveur d'un cessez-le-feu dans la guerre de Gaza, selon une "source égyptienne autorisée", citée mercredi par l'agence Mena. — Cris Bouroncle AFP

Alors que l'ONU tente de trouver une issue au conflit israélo-palestinien, plus d'un millier de personnes ont déjà péri à Gaza depuis le début de l'offensive qui oppose Israël au Hamas.

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Le Hamas se définit comme un mouvement de résistance palestinien qui ne reconnaît pas Israël. Il figure sur la liste des organisations terroristes du conseil l'Union européenne. C'est la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine Al-Qassam, qui a annoncé la fin de la trêve entre Israël et le mouvement islamiste palestinien, le 19 décembre dernier. Elle était entrée en vigueur le 19 juin 2008, après une médiation égyptienne. Peu après cette annonce, deux roquettes ont été tirées par les Palestiniens à partir de Gaza sur le sud d'Israël, sans faire de victime. Le Hamas est directement issu des Frères musulmans en Palestine.

Le grand tournant pour le Hamas a été les élections législatives de 2006. Le mouvement a remporté les élections avec 56% des suffrages, ravissant la majorité au Parlement au Fatah. Le président de l'Autorité palestinienne, installé en Cisjordanie, Mahmoud Abbas, avait alors invité le Hamas à former le nouveau gouvernement. Le Hamas reproche au Fatah de vouloir négocier avec Israël. Malgré des désaccords très forts, Mahmoud Abbas a accusé, mardi, Israël de chercher à «anéantir» la population de la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas. «Cette agression devient plus féroce chaque jour», a dit depuis Ramallah, en Cisjordanie, le leader du Fatah.

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Le Fatah, est un mouvement nationaliste palestinien, politique et militaire fondé par Yasser Arafat, au Koweït, en 1959. Son objectif est alors de libérer tous les territoires palestiniens occupés par Israël. Après la guerre des Six jours, en 1967, le mouvement se renforce et organise une véritable lutte armée dans les territoires occupés. Mais, après des débordements, notamment des attaques terroristes contres des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de 1972, le Fatah décide de redéfinir sa ligne. En 1996, Yasser Arafat est élu à la tête de l'Autorité palestinienne, et son parti obtient une large majorité au Conseil législatif palestinien. Mais en 2006, c'est le Hamas qui ravit la majorité aux élections législatives et pour la première fois, le Fatah perd le pouvoir.

Les deux camps s'affrontent notamment sur les décisions à prendre sur un éventuel cessez-le-feu à Gaza, que le Hamas contrôle, proposé par la résolution 1860 de l'ONU. La sortie de crise dépend donc également du processus de réconciliation inter-palestinienne entre les principales factions, le Fatah et le Hamas. De son côté, l'armée israélienne,Tsahal, continuait mercredi à bombarder le sud de la bande de Gaza. L'Etat hébreu ne compte pas s'arrêter tant que la sécurisation des frontières, c'est-à-dire l'arrêt de la contrebande d'armes alimentant le Hamas n'aura pas lieu.

Tsahal: Il s'agit de la force de défense israélienne, mise en place officiellement le 28 mai 1948. Dès sa création, Tsahal a avalé l'organisation clandestine Haganah. Cette dernière avait été créée dans les années 1920 pour assurer la sécurité des juifs émigrés en Palestine. Au moment de la proclamation de l'indépendance d'Israël, Haganah, ainsi que deux autres groupes (l'Irgoun et le Lehi) ont été absorbés par Tsahal. L'armée israélienne est composée de tous les corps de défense traditionnels: armée de l'air, marine et services secrets. Samedi 27 décembre, Israël a lancé l'opération «Plomb durci». Les raids aériens massifs contre le Hamas à Gaza ont tué près d'un millier de personnes. Il s'agit d'une des attaques les plus meurtrières lancées par Israël contre les Palestiniens depuis plusieurs décennies. La riposte d'Israël aux roquettes du Hamas est considérée comme disproportionnée par la communauté internationale et le monde arabe. La crainte d'une troisième Intifada inquiète l'ONU.

Une intifada désigne un mouvement d'opposition populaire contre l'armée israélienne présente dans les territoires occupés, à Gaza et en Cisjordanie. En arabe, «intifada» signifie «soulèvement». Deux intifadas ont marqué le conflit israélo-palestinien. La première le 9 décembre 1987 et la seconde, appelée intifada Al-Aqsa, en septembre 2000. La montée des violences et de tensions à Gaza depuis le 27 décembre dernier laisse craindre un troisième mouvement de révolte. Un des chefs du Hamas a lancé un appel en ce sens sur la chaîne qatari Aljazeera, dès le premier jour de l'offensive israélienne. L'ONU, qui souligne l'urgence de la situation, demande via la résolution 1860, un cessez-le-feu immédiat.

Résolution 1860: le Conseil de sécurité de l'ONU a lancé un appel au cessez-le-feu à Gaza en proposant une résolution adoptée le 10 janvier. Un texte rejeté par le Hamas et Israël. La trêve de trois heures instaurée par la résolution est presque aussitôt violée après sa signature.Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, était en visite mercredi en Egypte. Il a affirmé qu'il «n'y avait plus de temps à perdre» pour que cesse la guerre de Gaza entre Israël et le Hamas. «J'exhorte les deux parties à s'arrêter maintenant, à arrêter les combats», a déclaré le secrétaire général de l'ONU.

De son côté, le Hamas aurait réagi favorablement aux efforts de l'Egypte en faveur d'une trêve, selon une «source égyptienne autorisée», citée mercredi par l'agence Mena. Les «contours d'un cessez-le-feu commencent à se dessiner», a affirmé mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

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