Présidentielle américaine : Trump chahuté, Biden pas vraiment bousculé lors de leur duel à distance

ETATS-UNIS Le président américain et son adversaire démocrate ont répondu aux questions d'électeurs sur deux chaînes concurrentes, jeudi soir

Philippe Berry

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Présidentielle américaine (J-18): Le vote anticipé bat des records, duel par écrans interposés entre Biden et Trump — 20 Minutes

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Deux salles, deux ambiances. Parce que Donald Trump a refusé de « perdre [son] temps » avec un débat virtuel imposé par la commission à cause de son infection au Covid, le président américain et Joe Biden se sont affrontés en prime time par écran interposé, jeudi soir, à moins de trois semaines de la présidentielle du 3 novembre.

Les candidats ont, tous les deux, répondu aux questions d’électeurs – Donald Trump sur NBC et Joe Biden sur ABC. Et s’il faudra attendre quelques heures pour savoir qui a gagné la bataille de l’audience, ils ont vécu des soirées contrastées.

Donald Trump en difficulté

Sur NBC, la soirée a tourné à un face-à-face entre Donald Trump et la journaliste Savannah Guthrie. Avant de laisser la parole aux électeurs, elle a, sans relâche, mis le président américain face à ses contradictions. A-t-il, oui ou non, été testé négatif avant son premier débat face à Joe Biden – un point sur lequel la Maison-Blanche entretient le plus grand flou. En quatre-vingt-dix secondes, Donald Trump a d’abord dit « Je ne me souviens pas », puis « oui, probablement » et enfin « peut-être que oui, peut-être que non. » Ce n’est pas qu’un point de détail : il s’agit d’établir si Donald Trump savait qu’il avait été exposé au coronavirus avant le débat et l’a caché.

Le président américain a ensuite refusé de condamner les conspirationnistes de Qanon, expliquant qu’il ne les connaissait pas, avant d’assurer qu’il soutenait leurs positions « contre la pédophilie ». Il a également défendu son retweet d’une théorie du complot farfelue selon laquelle c’est un sosie de Ben Laden qui aurait été tué lors du raid ordonné par Barack Obama : « C’était un retweet, c’était l’opinion de quelqu’un. Je pose ça là, les gens peuvent se faire leur propre opinion ». Réponse de la journaliste : « Mais vous n’êtes pas un crazy uncle (tonton cinglé) qui retweet n’importe quoi. »

Face aux électeurs, Donald Trump s’est ensuite ressaisi. Il a défendu sa gestion du coronavirus, ironisant sur la seconde vague européenne. Avant de rester évasif sur l’immunité collective.

Biden pas vraiment bousculé

Sur ABC, l’ambiance était beaucoup plus feutrée pour Joe Biden. Le journaliste George Stephanopoulos a laissé le micro aux électeurs, qui ont posé des questions polies au démocrate. Il a reconnu avoir fait une erreur en soutenant la réforme pénale de 1994, qui a été très critiquée depuis par la communauté afro-américaine sur ses peines plancher. Il est également resté vague sur la possibilité d’augmenter le nombre de juges à la Cour suprême et a assuré qu’il ne voulait pas « couper le budget de la police ».

Mais globalement, Joe Biden avait une seule mission : ne pas se tirer une balle dans le pied. Il n’a peut-être pas convaincu de nouveaux électeurs. Mais avec 9 points d’avance sur Donald Trump, selon la moyenne des sondages, il voulait avant tout ne pas en perdre.