Percy Schmeiser, un agriculteur canadien devenu célèbre pour avoir combattu Monsanto, est décédé

DECES Percy Schmeiser avait été accusé en 1998 par Monsanto d’avoir ensemencé ses champs avec une certaine variété de colza résistante au « Roundup Ready »

20 Minutes avec agences

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Percy Schmeiser est mort à l'âge de 89 ans.
Percy Schmeiser est mort à l'âge de 89 ans. — JONATHAN HAYWARD/AP/SIPA

Il était connu dans le monde pour avoir mené un long combat judiciaire contre le géant de l’agrochimie américain Monsanto. L’agriculteur canadien Percy Schmeiser est mort à l’âge de 89 ans, a-t-on appris mercredi auprès de son fils. « Papa est décédé hier. Il avait une forme légère de la maladie de Parkinson », a déclaré John Schmeiser à l’AFP, confirmant des informations de la chaîne CBC.

« Raconter son histoire au cours des dernières années a été pour moi un privilège », a réagi sur Twitter Daniel Bekerman, producteur du film « Percy » inspiré de cette bataille judiciaire, actuellement en salles.

Six années de bataille judiciaire

En 2004, la Cour suprême du Canada avait estimé que Percy Schmeiser était coupable d’avoir utilisé frauduleusement des semences de colza génétiquement modifiées produites par le géant agrochimique américain Monsanto.

La plus haute instance judiciaire avait ainsi reconnu à Monsanto les droits exclusifs sur les gènes modifiés des semences de colza, mettant un terme à six années de bataille judiciaire au cours desquelles Monsanto avait remporté toutes les manches.

La Cour suprême avait toutefois exempté le fermier des quelque 20.000 dollars canadiens réclamés par Monsanto, ainsi que des frais de justice engagés par le groupe américain.

Accusé d’avoir utilisé des semences résistantes au « Roundup Ready »

M. Schmeiser avait été accusé en 1998 par Monsanto d’avoir ensemencé ses champs avec une certaine variété de colza résistante à un herbicide nommé « Roundup Ready ». Monsanto détient à la fois les brevets du Roundup et de la semence conçue pour lui résister.

Le fermier originaire de Bruno, en Saskatchewan (ouest du Canada), s’est toujours défendu d’avoir voulu utiliser les semences de Monsanto, soutenant qu’elles s’étaient retrouvées accidentellement dans son champ, peut-être portées par le vent ou tombées d’un camion d’un agriculteur voisin.