Abbas accuse Israël de vouloir «anéantir» la population de Gaza, qui tente toujours de survivre sous un pilonnage intensif

GUERRE Près de mille morts, des combats de rue féroces: la situation n'a jamais été aussi dramatique dans la bande de Gaza...

Avec agence

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Le président palestinien Mahmoud Abbas a accusé mardi Israël de chercher à "anéantir" le peuple palestinien dans la bande de Gaza en refusant de mettre fin à son offensive meurtrière dans le territoire.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a accusé mardi Israël de chercher à "anéantir" le peuple palestinien dans la bande de Gaza en refusant de mettre fin à son offensive meurtrière dans le territoire. — Abbas Momani AFP

Il est sorti de sa réserve. Mahmoud Abbas a accusé Israël de chercher à «anéantir» la population de Gaza. «C'est le dix-huitième jour de l'agression israélienne contre notre peuple et cette agression devient plus féroce chaque jour et le nombre de victimes augmente. Israël persiste dans cette agression pour anéantir notre peuple là-bas», a déclaré le président de l’Autorité Palestinienne, à Ramallah, en Cisjordanie.

A l'ouverture d'une réunion du Comité exécutif de l'OLP, la centrale palestinienne qu'il dirige, Abbas, qui n'a plus grand pouvoir, a lancé: «Ce peuple tient bon. Il continuera de se défendre et ne capitulera pas.» On compte au moins 960 Palestiniens tués depuis le début de l’opération, selon un dernier bilan fourni par le chef des services d'urgences à Gaza, Mouawiya Hassanein. Parmi les victimes, 277 enfants.

L’offensive israélienne n’a pas faibli ce mardi. Des combats de rue féroces ont opposé dès l’aube des combattants palestiniens aux soldats israéliens, les activistes du Hamas tirant des obus et des roquettes RPG. Aux premières heures de la journée, les chars israéliens ont mené de brèves incursions à Tal al-Hawa, cheikh Ajline et Zeitoun, des quartiers périphériques de Gaza-Ville. Des dizaines de maisons ont été détruites ou endommagées.

Le Hamas considère l’idée d’une trêve

Sur le front diplomatique, le Caire attendait toujours ce mardi soir que le Hamas s'engage sur son plan pour un cessez-le-feu. Mais le mouvement a donné des signes d’ouverture. Moussa Abou Marzouk, le numéro deux du bureau politique du Hamas en exil à Damas, a affirmé sur la chaîne de télévision Al-Jazeera qu'il y avait «une chance» que son mouvement accepte le plan égyptien pour un cessez-le-feu à Gaza, si des modifications y étaient apportées.

«Si l'initiative est acceptée, ce sera en conformité avec les bases définies par le mouvement depuis le début, à savoir le retrait israélien, le cessez-le-feu et l'ouverture des points de passage», a-t-il expliqué. Une délégation du mouvement islamiste se trouvait au Caire mardi pour de nouveaux entretiens qualifiés de «cruciaux» avec le patron des services de renseignements égyptiens, Omar Souleimane.

Du côté israélien, Olmert hésite toujours à lancer la troisième phase de l’opération «Plomb durci». Mais il écarte toujours l’idée d’une trêve tant que le sud d’Israël n’est pas complètement sécurisé. L’émissaire israélien, Amos Gilad, doit retourner jeudi au Caire pour discuter du plan.

Le Conseil de sécurité appelle à nouveau au «cessez-le-feu»

L'Arabie saoudite, l'Egypte et le Koweït ont indirectement rejeté l'appel du Qatar à un sommet arabe extraordinaire sur l'offensive contre Gaza, affirmant vouloir en discuter lors d'un sommet économique à Koweït en début de semaine prochaine.

A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a apporté son soutien au secrétaire général Ban Ki-moon avant son départ pour le Proche-Orient où il veut obtenir la fin des combats à Gaza, en application de la résolution 1860 appelant à l'instauration «d'un cessez-le-feu immédiat». C'était la première séance de consultations à huis clos du Conseil sur la situation à Gaza depuis l'adoption le 8 janvier de la résolution 1860, restée lettre morte.

A Washington, la secrétaire d'Etat désignée, Hillary Clinton, a assuré que l'administration de Barack Obama ferait «tous les efforts possibles» pour permettre un accord de paix entre Israël et les Palestiniens. Elle a aussi exclu tout dialogue avec le Hamas tant qu'il n'aura pas reconnu Israël et renoncé à la violence.

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