Cour suprême : Amy Coney Barrett s’excuse pour avoir parlé de « préférence sexuelle »

ETATS-UNIS – Lors de son grand oral devant le Sénat, la magistrate nommée par Donald Trump a souvent botté en touche, mardi

20 Minutes avec AFP

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La juge Amy Coney Barrett lors de son audition devant le Sénat, le 12 octobre 2020.
La juge Amy Coney Barrett lors de son audition devant le Sénat, le 12 octobre 2020. — Caroline Brehman/AP/SIPA

Elle a affronté des tirs de barrage des sénateurs démocrates. Pour son grand oral devant la commission judiciaire du Sénat, mardi, Amy Coney Barrett a fait très attention à ne pas se mouiller sur plusieurs dossiers chauds. La magistrate ultraconservatrice choisie par Donald Trump pour succéder à Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême s’est toutefois excusée après avoir utilisé l’expression « préférence sexuelle » à propos de la décision qui a légalisé le mariage homosexuel.

C’est la sénatrice d’Hawaï, Mazie Hirono, qui l’a remise en place : « Le terme ''préférence sexuelle'' est daté et offensant. Il est utilisé par les activistes anti-LGBTQ pour suggérer que l’orientation sexuelle est un choix. Ce n’en est pas un. L’orientation sexuelle fait partie de l’identité d’une personne. » « Mon intention n’était pas d’utiliser un terme blessant pour la communauté LBGTQ. Si je l’ai fait, je m’en excuse », a répondu la juge après une courte pause.

Vague sur le droit à l’avortement

Comme souvent lors de ce type d’audition, la magistrate a évité de se prononcer sur les dossiers les plus brûlants. Cette catholique pratiquante, membre de People of Praise, un groupe chrétien opposé au droit à l’avortement, a refusé de livrer son opinion sur l’arrêt ayant légalisé l’IVG dans tous les Etats-Unis. Elle a toutefois laissé entendre que cette décision de 1973, intitulée Roe V. Wade, n’était pas gravée dans le marbre.

« Roe n’est pas un super précédent », a-t-elle déclaré, en le distinguant d’autres décisions passées qui ne font plus l’objet d’aucune contestation. « Ça ne veut pas dire qu’il doive être annulé », a toutefois pris soin d’ajouter la magistrate de 48 ans. La juge Barrett a martelé son indépendance, répétant à plusieurs reprises « ne pas avoir d’objectifs » politiques. « Je n’ai fait de promesses à personne », « mon boss c’est l’Etat de droit », a-t-elle encore juré. De la même manière, elle s’est dérobée sur les décisions concernant les armes à feu, le mariage homosexuel ou la réforme de la santé votée sous Barack Obama.

Course contre la montre

Donald Trump l’a désignée le 26 septembre pour remplacer l’icône progressiste Ruth Bader Ginsburg, décédée huit jours plus tôt et mise sur la majorité républicaine au Sénat pour valider son choix avant l’élection du 3 novembre. Malgré le contretemps dû au cluster Covid à la Maison-Blanche, avec trois sénateurs infectés, les républicains semblent avoir les voix pour la confirmer fin octobre.

Plusieurs démocrates, eux, ont promis d’utiliser l’option nucléaire : augmenter le nombre de juges siégeant à la Cour via un vote au Congrès, s’ils obtiennent la majorité le 3 novembre. Resté jusqu’à présent très ambigu sur ce que les républicains appellent du « court-packing », Joe Biden a assuré qu’il n’était « pas fan » de cette option, sans toutefois l’écarter.