Coronavirus : Face à la pandémie, l’UE adopte des critères communs pour les déplacements

EPIDEMIE Une carte de la situation sera actualisée chaque semaine au niveau européen, définissant les restrictions recommandées pour chaque pays

20 Minutes avec AFP

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Un avion décollant de l'aéroport de Malaga en Espagne.
Un avion décollant de l'aéroport de Malaga en Espagne. — Martin Dalton//SIPA

Code couleur, tests et résultats, quarantaine… Face à la reprise de la pandémie de coronavirus, les pays de l’UE se dotent d’une stratégie commune pour les restrictions de voyage en Europe.

Lors d’une réunion à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères ont approuvé une recommandation – qui n’est pas contraignante –, mettant en place une cartographie commune pour définir les zones à risque au sein de l’UE. Plusieurs Etats membres se sont toutefois abstenus.

Vert, rouge, orange et gris

Le texte prévoit que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publie chaque semaine une carte de la situation de l’ensemble des pays de l’Union au niveau régional, avec un code couleur commun en fonction du niveau de risque d’une zone : vert, orange, rouge. Ces zones sont définies en prenant en compte les critères du nombre de nouveaux cas notifiés pour 100.000 habitants sur les 14 derniers jours et du taux de positivité des tests. Une quatrième couleur (gris) est prévue pour les zones dans lesquelles il n’existe pas de données suffisantes ou lorsque le nombre de tests menés pour 100.000 habitants est jugé trop faible.

Selon la recommandation, les voyageurs venant d’une zone orange, rouge ou grise peuvent se voir imposer à l’arrivée une quarantaine et/ou un dépistage. Ceux qui viennent d’une zone verte ne sont soumis à aucune mesure. Les Etats membres ne doivent pas refuser l’entrée sur leur territoire de voyageurs venant d’un autre pays de l’UE – ce que fait actuellement la Hongrie tout en prévoyant certaines exceptions pour les citoyens tchèques, polonais et slovaques.

Le public prévenu au moins 24 heures avant

Le texte prévoit que les résultats des tests doivent être reconnus mutuellement. Et des exemptions de quarantaine pour les voyageurs exerçant un certain nombre de fonctions jugées essentielles. Un pays prévoyant de mettre en place des mesures restrictives à l’encontre de voyageurs venant d’une zone jugée à risque devra informer l’Etat membre concerné, si possible 48 heures avant leur entrée en vigueur. Le public devra également être averti au moins 24 heures à l’avance. La mise en place d’un formulaire européen unique à remplir par les voyageurs est également prévue.

Soulignant que la France « s’est battue depuis plusieurs semaines pour ce résultat concret », le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune a salué cette recommandation comme « une avancée essentielle dans un domaine qui a été trop souvent laissé à des initiatives nationales isolées et non coopératives ».

Le Luxembourg s’estime « puni »

En revanche, le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg Jean Asselborn, dont le pays s’est abstenu, a estimé que le texte devait être « complété et approfondi », en ajoutant d’autres critères, dont le nombre de tests, les résultats, le taux de mortalité, la situation des hôpitaux, le nombre de lits en soins intensifs. Il a estimé que son pays était « puni » pour sa politique de tests à grande échelle, et regretté que le principe de libre circulation de « Schengen soit l’exception en ce moment ».

Plus de 6,5 millions de cas de Covid-19 et plus de 240.000 morts ont été signalés en Europe, selon des chiffres de l’AFP. Le continent connaît un rebond de la propagation du coronavirus, que les pays tentent d’endiguer en durcissant à nouveau les mesures (restriction des contacts, fermetures de bars, restaurants, couvre-feu, confinements locaux, etc.).