Etats-Unis : Le Sénat lance les auditions de la juge nommée par Trump à la Cour suprême

GRAND ORAL Depuis lundi, la juge Amy Coney Barrett, désignée le 26 septembre pour succéder à Ruth Bader Ginsburg, est sous le feu des questions pour avaliser ou non sa nomination

20 Minutes avec AFP

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La juge Amy Coney Barrett devant la Commission du Sénat, le 12 octobre 2020.
La juge Amy Coney Barrett devant la Commission du Sénat, le 12 octobre 2020. — /SIPA

Le combat entre démocrates et républicains pour l’attribution du siège vacant à la Cour suprême américaine a débuté. La juge Amy Coney Barrett, désignée le 26 septembre par Donald Trump pour succéder à la juge Ruth Bader Ginsburg, va essuyer mardi un feu de questions au deuxième jour de son audition au Sénat.

Les démocrates veulent tout faire pour déstabiliser cette magistrate conservatrice de 48 ans. Accompagnée de six de ses sept enfants, cette fervente catholique s’est présentée lundi au Sénat, chargé par la Constitution d’avaliser sa nomination. A cette occasion, les 22 membres de la commission juridique ont étalé leurs opinions aux antipodes sur sa candidature.

Une juriste « brillante » pour les républicains

Les républicains, majoritaires à la chambre haute, ont loué une juriste « brillante » et une femme « exceptionnelle », qui saura défendre les libertés religieuses. Les démocrates, qui ont peu de leviers pour bloquer sa confirmation, ont dénoncé une audition « irresponsable » en pleine pandémie. Les partisans de Joe Biden ont également accusé Donald Trump de mépriser les électeurs et dénoncé un processus de confirmation « illégitime » si près du scrutin présidentiel.

Dans un pays où seuls un tiers de la population est athée ou sans religion, les démocrates se sont toutefois bien gardés d’attaquer la magistrate sur ses convictions religieuses qui, selon ses détracteurs orientent pourtant sa lecture du droit. « Sa foi ne doit pas entrer en considération », a insisté lors d’un déplacement Joe Biden, lui-même catholique pratiquant.

Défense de l’Obamacare

Sa colistière, Kamala Harris, a comme les autres démocrates de la commission, opté pour un autre angle d’attaque : la défense de la loi sur l’assurance-santé. Les républicains ont tenté à plusieurs reprises d’abolir cette loi dite « Obamacare ». Or, un de leur recours doit être examiné en novembre par la Cour suprême qui, à en croire les démocrates, risque de l’annuler si la juge Barrett participe à la décision.

Lundi, la magistrate a juré « d’appliquer la Constitution et les lois telles qu’elles sont écrites », fidèle à la doctrine juridique dite du « textualisme » très prisée des milieux les plus conservateurs. Ces derniers reprochent en effet à la Cour suprême d’avoir créé de nouveaux droits, comme celui des femmes à avorter ou des homosexuels à se marier, qui ne figuraient pas dans l’esprit des pères fondateurs du pays.

Trump joue l’avenir de ses idées

Donald Trump mise donc sur sa nomination pour galvaniser ces électeurs de droite. « Nous en sommes déjà à trois ! », a-t-il ainsi déclaré lundi soir lors d’un meeting en Floride, en référence aux deux autres juges conservateurs, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh qu’il a fait entrer à la Cour suprême depuis 2016. Si la juge Barrett les rejoint effectivement, le temple du droit comptera six juges conservateurs sur neuf, une solide majorité qui pourrait faire perdurer l’impact de Donald Trump sur les Etats-Unis au-delà de sa (ou ses) présidence(s).