Uber : Une responsable italienne visée par une enquête pour exploitation de livreurs

SALARIES Les travailleurs étaient « payés trois euros par livraison, quelle que soit la longueur du trajet à effectuer »

J.-L.D. avec AFP

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Un vélo Uber Eats en Italie
Un vélo Uber Eats en Italie — Nicolò Campo/Sipa USA/SIPA

Amateurs de droit du travail, bien le bonjour et mouillez-vous la nuque avant de lire la suite. Une responsable d’Uber Italy est visée par une enquête pour exploitation de livreurs à domicile, ont indiqué ce lundi les médias italiens.

Les investigations, que le procureur vient de clore, visent au total 10 personnes pour exploitation de travailleurs d’Uber Eats et infractions fiscales par le biais, notamment, de fausses factures. Contacté, le secrétariat du procureur n’était pas joignable ce lundi. Parmi les mis en cause : Gloria Bresciani, une « manager » de Uber Italy.

Abus de faiblesse

Selon l’acte d’accusation du procureur Paolo Storari, Gloria Bresciani et trois autres suspects – responsables des entreprises intermédiaires Frc et Flash Road Citypar– ont engagé des livreurs à domicile au sein de ces deux sociétés, « puis les ont affectés au groupe Uber dans des conditions d’exploitation ».

« Ils auraient profité de l’état de nécessité des travailleurs, des migrants et des demandeurs d’asile, vivant dans des centres d’accueil et originaires de zones de conflit (Mali, Nigeria, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Pakistan et Bangladesh) et se trouvant donc dans des conditions d’extrême vulnérabilité et d’isolement social ».

Les travailleurs privés de leurs pourboires

Les travailleurs, est-il indiqué dans l’acte d’accusation, étaient seulement « payés trois euros par livraison, quelle que soit la longueur du trajet à effectuer », les conditions météorologiques et l’heure de la livraison (jour/nuit, jours fériés).

Ils ont également été « dépouillés des pourboires que les clients laissaient spontanément », et sanctionnés par « la suspension arbitraire des paiements dus pour un prétendu manque de travail ».

Uber se défend

Dans le cadre de ce dossier, le tribunal de Milan avait décidé le 29 mai le placement sous administration judiciaire d’Uber Italy. Une audience est prévue à ce sujet le 22 octobre.

Uber a indiqué que « ces derniers mois, (le groupe) avait travaillé étroitement avec l’administrateur désigné pour revoir et renforcer davantage ses procédures ». « Nous continuerons à coopérer avec les autorités et à combattre toute forme d’intermédiation illégale », a ajouté Uber dans un mail.