Etats-Unis : Au moins deux Mexicaines opérées sans leur consentement dans un centre de rétention

MIGRANTES Ces deux cas ont pu être identifiés grâce à une enquête menée par l'ONG Project South

20 Minutes avec agences

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Un centre de rétention pour immigrants à Tornillo, au Texas.
Un centre de rétention pour immigrants à Tornillo, au Texas. — HERIKA MARTINEZ / AFP

Au moins deux Mexicaines ont subi des opérations chirurgicales gynécologiques sans leur consentement dans un centre de rétention migratoire de Géorgie aux Etats-Unis, a confirmé samedi le ministère mexicain des Affaires étrangères. Les autorités du Consulat du Mexique à Atlanta ont identifié les cas de ces deux femmes grâce aux enquêtes menées après la révélation en septembre de ces opérations de stérilisation forcée en septembre par l’ONG Project South.

Le cas d’une des Mexicaines identifiées révèle « une intervention chirurgicale » – mais non une hystérectomie, souligne le ministère – sans son consentement et sans soins post-opératoires. « Devant la gravité des faits rapportés, le Consulat général a sollicité l’opinion d’une spécialiste qui, après un examen exhaustif, a fait état d’irrégularités ou anomalies dans le processus médical », indique le rapport du ministère.

Une enquête déjà ouverte

Le Consulat étudie également le cas d’une autre femme, déjà rapatriée au Mexique, qui « aurait été soumise à une intervention chirurgicale gynécologique sans son plein consentement, sans avoir reçu en espagnol une explication sur son diagnostic médical, ni sur la nature des opérations médicales qui devaient suivre ». Le gouvernement mexicain avait annoncé fin septembre qu’il avait ouvert une enquête sur les cas de six Mexicaines qui auraient subi des stérilisations forcées dans un centre de rétention migratoire du comté d’Irwin, en Géorgie.

Selon l’ONG Project South, basée à Atlanta en Géorgie, au moins dix-sept femmes ont été stérilisées – dans certains cas par hystérectomie totale – sans leur consentement ou sans obtenir l’information nécessaire. Ces accusations, qui s’appuient notamment sur le témoignage d’une infirmière qui travaillait dans le centre de rétention d’Irwin, ont suscité la demande de l’ouverture d’une enquête fédérale à l’initiative de l’élue démocrate à la Chambre des représentants Pramila Jayapal.