Mali : Sophie Pétronin « est une battante, elle a été très forte pendant toutes ces années »

LIBERATION Le neveu de l’ex-otage française, Arnaud Granouillac, est parti de Bordeaux ce vendredi matin pour accueillir Sophie Pétronin à Villacoublay ce midi

Mickaël Bosredon
— 
Sophie pétronin avec son fils Sébastien Chadaud-Pétronin
Sophie pétronin avec son fils Sébastien Chadaud-Pétronin — STRINGER/AFP
  • Pour Arnaud Granouillac, la libération de Sophie Pétronin représente « beaucoup d’émotion, de joie » et « la fin d’un long calvaire. »
  • La classe politique bordelaise réagit aussi, notamment le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui est resté mobilisé durant quatre années pour rappeler le sort de la dernière otage française.
  • Le nouveau maire de Bordeaux Pierre Hurmic salue cette humanitaire « qui s’est engagée pour venir en aide aux orphelins et aux enfants démunis du Mali. »

Il a travaillé toute la nuit au Samu de Bordeaux, avant de sauter dans un train à l’aube pour se rendre au Quai d’Orsay. C’est à sa descente, ce vendredi matin gare Montparnasse, qu’Arnaud Granouillac, un des neveux de Sophie Pétronin, l’ex-otage française détenue au Mali durant quatre ans, a répondu aux questions de 20 Minutes.

Entre la fatigue et l’émotion, Arnaud Granouillac tente de remettre ses idées en place, de réorganiser le fil de cette immense journée qui l’attend. « Là, nous sommes attendus au Quai d’Orsay, ensuite nous partons à Villacoublay où elle doit arriver à midi. Nous serons là pour l’accueillir bien sûr, avec mon frère Lionel, l’épouse de mon cousin et ses enfants, et mon oncle. Après ? Je ne sais pas, nous resterons à disposition des autorités. »

De « bonnes nouvelles », puis l’attente

Ce qu’il ressent ? « Beaucoup d’émotion, de joie, c’est enfin la fin d’un long calvaire, c’était inespéré. » Le neveu de l’ex-otage bordelaise, se remémore les derniers jours passés, depuis l’annonce mardi de sa libération imminente. « Depuis mardi nous avions de bonnes nouvelles, puis nous avons été dans l’attente de son arrivée à Bamako… Il a fallu patienter, mais non, nous n’avions plus de doutes sur sa libération. »

Dès ses premières prises de parole, l’humanitaire bordelaise a déjà annoncé son intention de retourner à Gao. Cela n’étonne pas plus que cela son neveu. « C’est une battante, vous savez, et elle a été très forte pendant ces années. » Toutefois, il estime que ce n’est pas le moment de se projeter sur la suite. « On verra cela après, on en discutera en famille, pour l’instant c’est une joie immense de pouvoir la revoir. » Et de toute façon, il sait déjà que « l’on n’aura certainement pas notre mot à dire. »

« Soulagement et une joie immenses pour l’ensemble du conseil régional »

L’annonce de la libération de l’ex-otage, a également provoqué des réactions au sein de la classe politique bordelaise. En premier lieu du côté du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui est resté « pleinement mobilisé » durant ces quatre années pour « rappeler le sort de la dernière otage française. » La nouvelle de sa libération « constitue un soulagement et une joie immenses pour l’ensemble du conseil régional ».

« Malgré les risques encourus, et notamment après avoir échappé à une première tentative d’enlèvement en 2012, la Bordelaise était retournée au Mali afin de poursuivre inlassablement son œuvre auprès des orphelins maliens, notamment, dans le cadre de son ONG, Association d’aide à Gao, rappelle l’exécutif régional. Tout au long de son parcours, elle a sans cesse démontré son courage, sa détermination et sa profonde humanité. »

« Elle s’était mise au service des autres et je salue son engagement » dit Pierre Hurmic

Le nouveau maire de Bordeaux Pierre Hurmic a aussi annoncé ce vendredi matin sa « satisfaction. » « Humanitaire d’origine bordelaise, Sophie Pétronin s’est engagée pour venir en aide aux orphelins et aux enfants démunis du Mali au travers de son association d’aide à Gao, rappelle-t-il. En s’installant au Mali en 2001, elle s’était mise au service des autres et je salue son engagement. »

Beaucoup d’humanitaires « travaillent dans l’ombre, parfois au sacrifice de leur vie, poursuit le maire bordelais. Ces attaques sont d’autant plus choquantes qu’elles frappent des personnes engagées auprès de populations vulnérables, motivées par des valeurs d’humanité et de solidarité. »