Conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan : La capitale du Karabakh à nouveau ciblée par des bombardements pendant la nuit

ATTAQUE Stepanakert, la capitale de la république auto-proclamée du Nagorny Karabakh, région séparatiste peuplée essentiellement d'Arméniens, a été de nouveau la cible de nombreux bombardements azerbaïdjanais

20 Minutes avec AFP

— 

Une roquette Smerch non explosée plantée dans le sol d'une rue  de Stepanakert, capitale de Karabakh, régulièrement bombardée depuis fin septembre 2020 par l'armée azerbaïdjanaise.
Une roquette Smerch non explosée plantée dans le sol d'une rue de Stepanakert, capitale de Karabakh, régulièrement bombardée depuis fin septembre 2020 par l'armée azerbaïdjanaise. — Sergei Bobylev/TASS/Sipa USA/SIPA

Toute la nuit, les sirènes d’alertes ont résonné dans la ville. Ce mercredi soir, de 21 heures jusqu’à 5 heures du matin, Stepanakert a été la cible de bombardements de l’Azerbïdjan.

Des salves qui comme la nuit précédente, se sont abattues à peu près toutes les heures sur la capitale de la république autoproclamée du Nagorny Karabakh, région séparatiste peuplée essentiellement d’Arméniens. Le bilan, humain et matériel, de ces dernières frappes est pour l’instant indéterminé.

Des roquettes meurtrières de 300 mm

Le type d’armes utilisées par les forces azerbaïdjanaises n’est pas connu avec certitude, mais les autorités locales dénoncent des bombardements sur les zones urbaines par des « Smertch ». Des roquettes meurtrières de 300 mm, héritières des célèbres Katiouchas, surnommées « orgues de Staline ».

Des engins non-explosés, apparemment de ce type, sont visibles en ville, alors que des habitations ont été entièrement soufflées par ces tirs, avec des cratères allant parfois jusqu’à une dizaine de mètres, signe de la puissance des bombes utilisées. Des drones survolent également régulièrement la ville, plutôt de jour, procédant à tirs isolés apparemment plus ciblés.

Des combats dans le Nord et le Sud

Du côté azerbaïdjanais, on accuse jeudi matin aussi les séparatistes arméniens d’avoir, pendant la nuit et dans la matinée, « fait feu sur les zones habitées » de civils, citant les districts de Bardinsk, Agdjabedine, Goranboy, Terter et Agdam. « Il y a des morts et des blessés », selon le ministère azerbaïdjanais de la Défense.

Sur le front lui-même, le ministère de la Défense du Karabakh a jugé la situation « stable mais tendue pendant la nuit ». « Des combats ont repris (dans la matinée) dans le Nord et le Sud », poursuit-il.

Le médiateur à Genêve dans la journée

Les représentants du médiateur historique du conflit, les co-présidents du Groupe de Minsk de l’OSCE (Russie, Etats-Unis, France) rencontrent dans la journée à Genève le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Ceyhun Bayramov. Une porte-parole de la diplomatie arménienne a dans ce contexte exclu une rencontre à Genève des ministres azerbaïdjanais et arménien, car « on ne peut pas d’une main négocier et de l’autre mener des opérations militaires ». L’Arménie ne devrait donc pas être représentée jeudi par l’un de ses hauts responsables.

Ce médiateur international tente depuis le milieu des années 1990 de trouver une solution négociée au conflit. Une première guerre entre séparatistes arméniens et forces azerbaïdjanaises, à la chute de l’URSS, avait fait 30.000 morts.