Tensions en Méditerranée : La Turquie balaie la menace de sanctions de l’UE

DIPLOMATIE L’UE demande à la Turquie d’arrêter ses forages considérés comme dans les eaux territoriales de Chypre

20 Minutes avec AFP

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Un drone turc à Chypre, dans la base militaire de Gecitkale.
Un drone turc à Chypre, dans la base militaire de Gecitkale. — AFP

La Turquie a rejeté ce vendredi la menace de sanctions agitée par l’Union européenne à son encontre en réponse à ses activités d’exploration gazière qualifiées d'« illégales » en Méditerranée orientale.

« L’usage continu d’un discours de sanctions n’est pas constructif », a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué. « L’UE doit comprendre qu’elle ne peut rien obtenir de cette manière », a-t-il précisé.

Des gisements très convoités

Les dirigeants de l’Union européenne réunis en sommet à Bruxelles ont adressé à la Turquie un message de fermeté assorti d’une menace de sanctions si elle ne cesse pas ses forages considérés comme illégaux dans les eaux territoriales de Chypre. La Turquie, la Grèce et Chypre se disputent des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale.

Après des démonstrations de force et des déclarations martiales en août, Ankara et Athènes s’étaient mis d’accord en septembre pour reprendre des « pourparlers exploratoires ». Signe d’une volonté d’apaisement de la part d’Ankara, un accord a été trouvé jeudi à l’Otan entre la Grèce et la Turquie sur un mécanisme pour éviter les conflits.

« Des points positifs », reconnaît la Turquie

A l’issue du sommet, les dirigeants européens ont offert à Ankara la possibilité d’améliorer la coopération dans certains domaines et de relancer les discussions sur la modernisation de l’union douanière mais à condition que la Turquie cesse ses forages dans les eaux de Chypre. Selon Berktay Mandiraci, un spécialiste de la Turquie à International Crisis Group, la décision de l’UE est « la meilleure qu’Ankara pouvait espérer ».

Le ministère turc des Affaires étrangères a en effet reconnu « des points positifs », tout en estimant que certains passages étaient « déconnectés de la réalité ». Selon le ministère, la décision montre la volonté de certains pays de développer les relations avec Ankara, mais constitue aussi un exemple de « la prise en otage » des relations entre la Turquie et l’UE par la Grèce et Chypre.

La Turquie a aussi appelé l’UE d’encourager le dialogue entre les Chypriotes turcs et grecs pour établir un mécanisme de partage des ressources. Chypre est divisée en deux depuis l’invasion du tiers nord de l’île méditerranéenne par l’armée turque en 1974 après un coup d’Etat visant à rattacher le pays à la Grèce.