Coronavirus : L’Espagne prolonge le financement du chômage partiel jusqu’en janvier

PANDEMIE Cette mesure, destinée à maintenir à flots l’économie, a déjà coûté 4 milliards d’euros par mois à l’Etat espagnol

20 Minutes avec AFP

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Une femme se promène dans le Roma Park à Madrid, où des milliers de drapeaux ont été disposés pour rendre hommage aux victimes du Covid-19.
Une femme se promène dans le Roma Park à Madrid, où des milliers de drapeaux ont été disposés pour rendre hommage aux victimes du Covid-19. — OSCAR DEL POZO / AFP

Pour aider son économie durement frappée par la crise sanitaire, l’Espagne prolonge jusqu’à fin janvier le financement du chômage partiel mis en place en pleine pandémie. Gouvernement, patronat et syndicats espagnols se sont mis d’accord ce mardi, malgré le lourd impact de ces mesures sur les finances publiques.

« Le chômage partiel pourra continuer à être l’alternative aux licenciements », s’est félicité dans un tweet le secrétaire général du syndicat Commissions ouvrières, Unai Sordo. C’est la deuxième fois que le gouvernement prolonge ce mécanisme entré en vigueur en avril. Il devait prendre fin le 30 septembre. Le soutien aux plans de chômage partiel est l’une des principales mesures du gouvernement de gauche de Pedro Sanchez pour soutenir l’économie.

Interdiction de licencier

Cette mesure a déjà coûté à l’Etat espagnol 4 milliards d’euros par mois, avait indiqué Sanchez début septembre. En contrepartie, les entreprises bénéficiant de ces aides doivent s’engager à ne pas licencier pendant six mois. « L’interdiction de licencier est maintenue », a souligné la ministre du Travail Yolanda Diaz lors d’une conférence de presse. Le nouvel accord « est clé pour aborder la sortie de crise, c’est un jour d’espoir pour les entreprises et les travailleurs », a-t-elle ajouté.

Les négociations avec le patronat se sont prolongées jusqu’à la dernière minute en raison de divergences sur les critères de sélection des entreprises éligibles, qui faisaient craindre à certains patrons de se retrouver exclus, notamment dans l’hôtellerie. Mais l’organisation patronale CEOE a estimé que l’accord final permettrait de « garantir la continuité du plus grand nombre possible d’entreprises et d’emplois dans une conjoncture économique aussi difficile et prolongée dans le temps ».

Un million d’emplois déjà détruits

Selon le ministère de la Sécurité sociale, environ 750.000 personnes sont encore actuellement au chômage partiel en Espagne, un chiffre qui avait atteint 3,4 millions au plus fort du confinement destiné à lutter contre la pandémie de Covid-19 au printemps. Le gouvernement a aussi prolongé en partie les aides destinées aux travailleurs indépendants.

Selon le gouvernement, les mesures prises pour soutenir l’économie – extension du chômage partiel, crédits garantis par l’Etat, aides pour les indépendants – représentent 20 % du PIB prévu pour 2020.

La pandémie a détruit plus d’un million d’emplois en Espagne au deuxième trimestre, en grande majorité dans les services et le tourisme. Le taux de chômage a grimpé à 15,3 % fin juin. Il devrait atteindre 19 % fin 2020 selon le gouvernement.