Biélorussie : Emmanuel Macron promet à la cheffe de l’opposition son aide à la médiation avec Minsk

DIPLOMATIE Le chef de l’Etat a rencontré Svetlana Tikhanovskaïa, la leader de l’opposition biélorusse, ce mardi à l’occasion de sa visite en Lituanie

20 Minutes avec AFP

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En déplacement en Lituanie, Emmanuel Macron a reçu la leader de l'opposition biélorusse et lui a assuré son soutien.
En déplacement en Lituanie, Emmanuel Macron a reçu la leader de l'opposition biélorusse et lui a assuré son soutien. — Ludovic MARIN / AFP

Emmanuel Macron a promis ce mardi d’aider à la médiation dans la crise politique biélorusse, lors d’une réunion avec la leader de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa. « Nous ferons de notre mieux en tant qu’Européens pour aider à la médiation », a déclaré le président français aux journalistes, en anglais, à l’issue de cette rencontre ajoutée au programme de sa visite en Lituanie.

Il a précisé qu’il comptait « revenir à la médiation de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) afin de progresser », avant d’ajouter que « notre objectif est que cette médiation commence dans les prochains jours ou semaines ».

« L’objectif c’est une transition pacifique »

« L’objectif c’est une transition pacifique, la libération des personnes qui restent en prison pour leurs opinions politiques et la tenue d’élections dans un cadre libre, sous surveillance internationale », a-t-il dit.

De son côté, Svetlana Tikhanovskaïa a déclaré que le chef de l’Etat français « a promis de tout faire pour aider à la médiation de cette crise politique dans notre pays ».

Loukachenko « doit partir »

Le Bélarus vit une effervescence depuis l’élection présidentielle du 9 août, dont Svetlana Tikhanovskaïa réclame la victoire face au président Alexandre Loukachenko, en poste depuis 1994.

L’opposante s’est réfugié en Lituanie au lendemain du scrutin, alors que les manifestations de masse dans les rues de l’ancienne république soviétique sont violemment réprimées et des milliers de personnes arrêtées.

L’Union européenne a refusé de reconnaître le résultat de l’élection et Emmanuel Macron a déclaré dimanche que Loukachenko « doit partir ».

Nouvelle élection cette année ?

La rencontre mardi était la plus importante pour Svetlana Tikhanovskaïa depuis l’élection contestée. L’opposante a déjà rencontré les ministres des Affaires étrangères de l’UE et les dirigeants de la Pologne et de la Lituanie, deux États voisins du Bélarus.

Novice en politique, Svetlana Tikhanovskaïa, dont le mari reste en prison en Biélorussie accusé d’avoir tenté de renverser le gouvernement, a déclaré avoir accepté une invitation à s’exprimer devant la commission des Affaires étrangères du parlement français. Selon elle, la crise devrait être résolue « aussitôt que possible » et de nouvelles élections libres et équitables organisées avant la fin de l’année.

Emmanuel Macron « soutient l’idée de la médiation parce qu’il comprend que des pays puissants doivent être impliqués pour entamer des négociations avec Loukachenko. Il est prêt à apporter son aide sur ce point », a déclaré l’opposante. « Je pense qu’il parlera de la Biélorussie avec la partie russe et fera tout son possible pour impliquer la Russie dans ces négociations », a-t-elle ajouté.

Poutine dénonce une « pression extérieure »

Selon Emmanuel Macron, le président Vladimir Poutine, principal allié de l’homme fort biélorusse, est favorable à la médiation de l’OSCE.

Cependant le président russe a estimé mardi que la Biélorussie se trouvait dans une « situation difficile » et faisait face à « une pression extérieure sans précédent ».

S’adressant à un forum des régions bélarusses et russes, le chef du Kremlin a déclaré que Moscou était prêt à se tenir aux côtés de Minsk, décrivant leurs liens comme « intemporels et résistant à toute intempérie ».

Vladimir Poutine a promis de fournir à la Biélorussie une assistance en matière de sécurité et accordé un prêt de 1,5 milliard de dollars.