Royaume-Uni : Uber gagne en justice et conserve le droit d'exercer à Londres pour 18 mois

VTC 45.000 chauffeurs Uber roulent dans Londres actuellement

J.-L.D. avec AFP

— 

Uber en Angleterre, illustration
Uber en Angleterre, illustration — Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA

La société de réservation de voitures avec chauffeur Uber conserve le droit d’exercer à Londres pour 18 mois, a tranché ce lundi la justice britannique qui examinait son appel contre la décision de la ville de Londres de suspendre son permis.

Le numéro un mondial du secteur, qui compte 45.000 conducteurs et plus de 3,5 millions de clients dans la capitale britannique, a confirmé dans un communiqué la durée de son nouveau permis, qui est assorti de conditions. Un juge du tribunal londonien de Westminster Magistrates a estimé qu’Uber était désormais apte pour exercer dans la capitale britannique, « malgré des défauts par le passé ».

Vaincre la fraude

L’autorité des transports londoniens (TfL) avait retoqué en novembre dernier ce permis pour des raisons de sécurité mais la plateforme continuait de fonctionner normalement dans l’attente de la décision de justice.

La TfL avait estimé notamment que le système informatique ne permettait pas d’éviter que des milliers de conducteurs sans permis ne prennent en charge des passagers frauduleusement.

Uber à la recherche du contrat de confiance

Uber, dont l’image a souffert de cas d’agressions sexuelles​ de chauffeur sur des passagères, avait lui assuré avoir apporté depuis les modifications nécessaires pour résorber divers problèmes.

La plateforme a mis en place une vérification en temps réel de l’identité des chauffeurs au Royaume-Uni​. Elle tente en outre depuis plusieurs années de rassurer ses clients, avec par exemple l’introduction d’un « bouton d’urgence » ou encore d’une ligne téléphonique pour signaler les problèmes.

Les engagements d’Uber pris en considération

Le juge Tan Ikram a expliqué dans sa décision ce lundi qu’Uber ne contestait pas tant le constat de la TfL mais plutôt le fait que l’autorité pensait que la plateforme n’avait pas pris aux sérieux les problèmes de sécurité. Il a estimé qu’Uber « semble désormais aux avant-postes dans le secteur » pour rendre ses services plus sûrs et a fait les efforts nécessaires.

« Cette décision est une reconnaissance de l’engagement d’Uber sur la sécurité et nous continuerons de travailler de manière constructive avec la TfL », a déclaré la plateforme sans son communiqué.

L’association des chauffeurs de taxis s’est emportée, elle, contre la décision de justice qualifiée de « catastrophe », estimant que les changements mis en place par Uber ne sont que de la poudre aux yeux.