Les Suisses disent non aux entraves à l'immigration de citoyens de l'Union européenne

VOTE Les électeurs ont rejeté à 61,7% l'initiative populaire lancée par la droite populiste de l'UDC, premier parti du pays

20 Minutes avec AFP

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Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission euroépenne
Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission euroépenne — Olivier HOSLET / EPA / AFP

Les Suisses ont dit non à une large majorité à une limitation de l’immigration des ressortissants de l'Union européenne, au grand soulagement des milieux économiques, et ont voté en faveur d’un congé paternité de deux semaines quand les jeunes pères n’avaient jusqu’ici droit qu’à un jour ou deux.

Les électeurs ont rejeté à 61,7 % l'initiative populaire lancée par la droite populiste de l’UDC, premier parti du pays, qui dénonce « une immigration incontrôlée et démesurée » et juge les emplois menacés par l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) signé en 1999 avec l’Union européenne (UE). Un résultat d’autant plus parlant que le taux de participation a été très élevé autour de 59 %.

« Signal positif »

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué comme un « signal positif » le vote des Suisses.

Si les sondages laissaient à penser que le cavalier seul de l’UDC était voué à l’échec, le résultat n’en était pas moins le plus attendu parmi toute une série de sujets sur lesquels les Suisses ont eu à se prononcer dimanche, comme le veut la tradition de la votation.

Tous les autres partis et les milieux économiques s’étaient fermement prononcés en faveur de frontières ouvertes avec une UE qui est le plus important partenaire commercial de la Suisse. Et les régions frontalières suisses dépendent fortement de la main-d’œuvre venue des pays voisins par dizaines de milliers tous les jours.

Pour autant, ce oui ne veut pas dire que les relations avec l’UE sont sans nuages. Depuis plusieurs années, Bruxelles souhaite conclure un accord-cadre institutionnel avec Berne pour simplifier les relations bilatérales. Cet accord est loin de faire l’unanimité, à gauche comme à droite.

L’UDC entend « s’assurer qu’on ne rentre pas petit à petit dans l’Union européenne », a d’ailleurs souligné Céline Amaudruz, une des responsables du parti sur la chaîne publique RTS.

A l’inverse, le chef du groupe parlementaire socialiste au Parlement Roger Nordmann estime que les Suisses ont signalé leur attachement aux relations bilatérales, qui fonctionnent bien depuis 20 ans. « La Suisse envoie aujourd’hui un signal fort à l’Europe », a-t-il déclaré sur RTS.

Papa poule

Par ailleurs, le large oui (60,3 %) au référendum sur le congé paternité permet à la Suisse de rattraper un peu de son retard face à ses pairs en Europe. « Le congé paternité dispose enfin de plus de temps qu’un déménagement », a déclaré Adrian Wüthrich, membre du comité en faveur du congé paternité.

Si depuis 2005, la loi accorde aux mères en activité 14 semaines de congés payés après la naissance d’un enfant, les pères eux n’avaient droit qu’à un ou deux jours s’ils sont employés. Et rien pour les indépendants.

« Ce résultat montre que la société a évolué et que l’heure n’est plus à un modèle où la femme doit rester à la maison », souligne Philippe Gnaegi, le directeur de Pro Familia, un groupement d’organisations familiales, cité par l’agence ATS.

Après d’innombrables tentatives, le parlement fédéral a adopté en septembre 2019 un congé paternité de deux semaines. Il restait aux Suisses à se prononcer par référendum

Les Suisses ont en revanche rejeté à 51,9 % une révision de la loi sur la chasse adoptée par le Parlement face à la progression du nombre de loups, selon la dernière projection de l’institut de sondage gfs.bern. Les cantons peuvent actuellement autoriser un tir lorsqu’un loup cause des dégâts importants mais la révision aurait permis d’agir de façon préventive.