Liban: des roquettes bien gênantes

PROCHE ORIENT - Des tirs, partis du Sud-Liban, ont touché le nord d'Israël ce jeudi matin. Une attaque non attribuée mais qui pourrait faire déraper le conflit israélo-palestinien...

David Hury

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Le commandant en chef des Casques bleus au Liban, le général Graziano (au centre) inspecte l'endroit d'où sont parties des roquettes Katyoucha visant Israël, le 8 janvier 2009.
Le commandant en chef des Casques bleus au Liban, le général Graziano (au centre) inspecte l'endroit d'où sont parties des roquettes Katyoucha visant Israël, le 8 janvier 2009. — REUTERS
De notre correspondant au Liban

Ce jeudi matin peu avant 8h, trois roquettes ont atteint Israël… depuis le Sud-Liban. Cela faisait deux ans et demi que cela n’était pas arrivé, depuis la fin de la guerre de juillet 2006 et le déploiement le long de la frontière septentrionale de l’armée libanaise et des Casques bleus de la Finul. En pleine crise majeure à Gaza, ces roquettes font craindre l’ouverture d’un nouveau front.

Au Liban, ces trois Katyoucha empoisonnent tout le monde: le gouvernement libanais en premier lieu, considéré comme responsable de la situation par son homologue israélien, mais aussi le Hezbollah et la Finul. Le ministre libanais de l’Information, Tarez Mitri, a pris la défense du Hezbollah en affirmant que le parti chiite «avait assuré au gouvernement n’être en rien responsable dans cette affaire». Le Hamas, présent également au Liban, a lui aussi catégoriquement démenti toute implication.

>> La carte des forces de l'ONU au SUd-Liban

Renforcements des opérations de l'ONU

Du côté de la Finul, la situation est plus gênante: les roquettes de ce jeudi matin ont été lancées depuis une position située à seulement 7km à l’est de son quartier général de Naqoura, dans la région de Tayr Harfa. «Nous ne savons pas qui a tiré ces trois roquettes, reconnaît Yasmina Bouziane, la porte-parole de la Finul. Une enquête a été ouverte, en collaboration avec l’armée libanaise. De son côté, Israël a mis en place son système de riposte immédiate, et a tiré plusieurs obus sur la zone de départ des missiles. Nous n’en savons pas plus pour l’instant.» La Finul, mais aussi l’armée libanaise, a déployé ce jeudi matin des unités supplémentaires dans toute la région, afin de prévenir des opérations similaires dans les jours qui viennent.

Cette attaque intervient exactement deux semaines après la découverte d’une batterie de Katyoucha pointées sur le nord d’Israël, dans le même périmètre. La Finul et l’armée assurent mener une enquête, dont les résultats tardent à venir. Le commandant en chef des Casques bleus, le général Graziano, a lui affirmé que les deux parties – le Liban et Israël – s’étaient engagées aujourd’hui à faire respecter la résolution 1701. Mais côté libanais, le gouvernement et l’armée n’en ont pas forcément les moyens.

Comme il y a deux semaines, le Hezbollah a rejeté toute responsabilité; les regards se sont donc tournés vers les mouvements palestiniens, très présents dans trois camps de réfugiés situés près de Tyr, à moins de 20km. Ce jeudi midi, Samir Geagea, chef des Forces libanaises (membre de la majorité parlementaire), a suspecté publiquement le FPLP-CG (Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général, dont le chef est hébergé à Damas) d’être l’auteur de l’attaque. Anwar Raja, le représentant de cette faction au Liban, n’a ni démenti ni confirmé être à l’origine des tirs, considérant qu’Israël n’a pas à savoir qui est derrière l’opération de ce jeudi matin. Un vrai cadeau empoisonné…

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